Devant ses partisans, Donald Trump affirme qu'il ne concédera «jamais» la défaite

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Le président américain Donald Trump a affirmé ce mercredi 6 janvier qu'il ne concéderait « jamais » la défaite, à deux semaines de la prise de fonction du démocrate Joe Biden.

Donald Trump est arrivé avec près d’une heure de retard pour s’exprimer devant ses partisans rassemblés en masse sur le mall. Et le président ne lâche rien. « Nous n’abandonnerons jamais nous ne concéderons jamais », a-t-il lancé avant de dénoncer une nouvelle fois des fraudes majeures lors du scrutin.

« Les élections dans le tiers monde sont plus honnêtes », s’est-il exclamé avant d’appeler ses partisans à marcher vers le Congrès où les votes des grands électeurs doivent être certifiés ce mercredi, pour féliciter les élus républicains qui vont tenter de contester le résultat des élections. Une manœuvre qui ne peut pas aboutir, indique notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

Mike Pence refuse de s'opposer à la certification de la victoire

Donald Trump s’en est aussi vivement pris aux médias « le plus gros problème auquel nous faisons face », a-t-il estimé. Il a nouvelle fois affirmé contre toute évidence que le vice-président Mike Pence, qui préside le Sénat, a le pouvoir de renverser les urnes lors d'une session extraordinaire au Congrès, et a qualifié les élus républicains de « faibles » et « pathétiques ». « Si Mike Pence fait la bonne chose, nous gagnons l'élection », a lancé le président sortant. « S'il ne le fait pas, ce sera une triste journée pour notre pays », a-t-il ajouté, laissant entendre qu'il doutait de l'attitude de son numéro deux.

Mike Pence a malgré cela fait savoir qu'il ne s'opposerait pas à la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, s'abritant derrière les « contraintes » de la Constitution. Il a présenté ses arguments dans un courrier publié juste avant l'ouverture d'une séance extraordinaire du Congrès destinée à enregistrer officiellement les résultats de la présidentielle du 3 novembre.

Des républicains contestent la victoire de Biden en Arizona

Selon la Constitution, le rôle de Mike Pence est strictement protocolaire : il consiste à « ouvrir » les certificats envoyés par chacun des 50 Etats pour transmettre les votes de leurs grands électeurs. Seuls les élus peuvent contester les résultats. Des fidèles de Donald Trump n'ont d'ailleurs pas manqué de le faire peu après l'ouverture de la séance. Un élu de la Chambre des représentants et un sénateur ont exprimé par écrit leurs objections aux résultats en Arizona.

Conformément aux règles en vigueur, les parlementaires se sont immédiatement retirés dans leurs chambres respectives pour en débattre pendant au maximum deux heures. Ils voteront ensuite à la majorité simple. Il faudrait que les objections soient adoptées dans les deux enceintes pour être retenues, ce qui compte-tenu de la majorité démocrate à la Chambre des représentants n'a aucune chance de se produire

Mais cette procédure pourra être renouvelée pour d'autres Etats où les résultats étaient serrés, comme la Pennsylvanie ou la Géorgie, ce qui retardera l'enregistrement de la victoire du démocrate. Cela n'empêchera toutefois pas le président élu de prêter serment le 20 janvier.

Les républicains en passe de perdre leur majorité au Sénat

De plus en plus d’élus de son propre camp commencent même à blâmer le président qui s’enferme dans le déni, car le parti républicain est en passe de perdre la majorité au Sénat. Après les élections sénatoriales qui ont eu lieu mardi en Géorgie, Raphael Warnock le pasteur de l’église où officiait Martin Luther King l’a emporté, selon les médias américains. Il sera le premier Noir sénateur de cet État du sud et Jon Ossof, l’autre candidat démocrate est en tête, il a déjà revendiqué la victoire.

Cette double défaite, si elle est confirmée, donnera à Joe Biden la majorité au Sénat. Il l’a déjà à la Chambre des représentants, c’est donc un « Grand chelem » pour les démocrates. Et au sein du parti républicain, des voix commencent à se faire entendre pour critiquer l’attitude de Donald Trump pendant la campagne. « Trump est à 100% responsable de la défaite du parti en Géorgie », a ainsi estimé le responsable républicain des opérations de vote dans l'État.