"On est devant un mur": la fermeture des établissements scolaires, ultime levier de l'exécutif face au Covid?

Clarisse Martin
·3 min de lecture
Elèves d'une école à Eysines (Gironde), faisant la queue pour un test salivaire, le 25 février 2021 - PHILIPPE LOPEZ / AFP
Elèves d'une école à Eysines (Gironde), faisant la queue pour un test salivaire, le 25 février 2021 - PHILIPPE LOPEZ / AFP

Au sommet de l'État, c'est un sujet qui avait tout l'air d'un tabou depuis de longs mois. Faudrait-il passer à nouveau par une fermeture des établissements scolaires, à l'image du confinement du printemps 2020, pour mettre à mal l'épidémie de Covid-19?

"L'école est fondamentale pour notre pays", a répété Jean-Michel Blanquer vendredi lors d'une conférence de presse pour annoncer l'entrée en vigueur d'un nouveau protocole sanitaire.

Pour autant, les chiffres de contamination sont en forte hausse dans l'Éducation nationale, et se répercutent déjà sur le nombre de fermetures d'écoles et de classes, avant même l'entrée en vigueur du nouveau protocole, qui conduira à des fermetures plus précoces: 148 structures scolaires et 3256 classes étaient fermées vendredi dans l'Hexagone, selon le point de situation hebdomadaire du ministère de la rue de Grenelle, contre 80 structures et 2018 classes la semaine passée.

Le nouveau protocole suffira-t-il?

Désormais, une classe sera fermée lors de la découverte d'un seul cas de Covid-19 dans les 19 départements placés en vigilance renforcée, contre 3 jusque-là. Dernière étape avant une fermeture généralisée des établissements? "La fermeture des écoles est une décision de dernier recours", a martelé jeudi le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran lors de la conférence de presse désormais hebdomadaire consacrée au Covid-19 et à ses conséquences.

Si d'aventure une telle décision devait malgré tout être prise, cela signifierait de facto un déploiement plus massif du télétravail des parents pour garder leur progéniture, par exemple.

Avant de trancher, le gouvernement dispose encore du levier de fermeture des cantines, qui serait également contraignante pour les familles et les obligerait à se réorganiser. Interrogée sur cette éventualité samedi sur BFMTV? la secrétaire d'État chargée de l'Éducation prioritaire, Nathalis Elimas, s'y est dit "farouchement opposée".

"On a une urgence"

Pour Christophe Rapp, infectiologue à l'hôpital américain de Paris et consultant santé de BFMTV, les mesures prises la semaine passée ne seront pas suffisantes pour juguler l'épidémie de Covid-19.

"On se rend compte que les mesures de freinages mises en place récemment, qui ne sont pas un confinement, seront certainement insuffisantes pour freiner la tension hospitalière. Là, on a une urgence, on est devant un mur, qui est comment bloquer les contaminations pour éviter la tension hospitalière", a-t-il fait valoir ce samedi sur notre antenne.

"Sur les écoles, il faudrait peut-être faire plus simple et temporairement fermer les écoles (...) pour essayer de ralentir la circulation du virus", a-t-il poursuivi.

Dans les colonnes du Parisien, un conseiller de l'exécutif brosse le scénario le plus pessimiste de la suite: "Mercredi prochain, à la télévision, Emmanuel Macron pourrait annoncer la fermeture des écoles, entraînant le basculement massif des Français dans le télétravail. Tout dépendra en réalité des résultats du début de semaine", déclare-t-il.

Jeudi soir, en marge du Conseil européen, Emmanuel Macron a lâché que "sans doute dans les prochains jours, les prochaines semaines, nous aurons de nouvelles mesures à prendre".

Article original publié sur BFMTV.com