Devant les banques alimentaires, la détresse des étudiants

Par Alice Pairo-Vasseur
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Distribution alimentaire par l'association Linkee, le lundi 22 février 2021, à destination de 500 étudiants. 
Distribution alimentaire par l'association Linkee, le lundi 22 février 2021, à destination de 500 étudiants.

Elle raccroche, ajuste son masque à fleurs et ôte ses écouteurs. « J'étais au téléphone avec une amie, je lui disais que j'étais venue. Et que? j'avais un peu honte. Je ne suis pas à la rue et, pour moi, les banques alimentaires, c'est vraiment pour les pauvres », confie Sarah, 20 ans, étudiante parisienne en marketing digital. La file d'attente, pourtant, serpente jusqu'à la rue adjacente. Comme elle, 500 étudiants patientent ce lundi soir aux abords d'un bar associatif du 13e arrondissement de la capitale en vue de récupérer un colis alimentaire qui leur assurera, pendant trois ou quatre jours, de quoi se nourrir convenablement.

« Les étudiants qu'on reçoit sont majoritairement des jeunes qui n'avaient jamais eu recours à l'aide alimentaire auparavant. Ceux qu'on appelle les nouveaux précaires », explique Julien Meimon, fondateur de l'association Linkee, qui assure depuis cinq ans la distribution d'invendus qu'elle réserve désormais, pour partie ? à raison de 100 000 colis par mois ? aux étudiants. « On s'est aperçus cet été qu'il y avait de plus en plus de jeunes, on a vu quelque chose monter, ce n'était pas bon. Alors, dès octobre, on a créé un programme dédié, en Île-de-France. Et les jauges [une inscription préalable à la distribution est nécessaire, NDLR] de 200, 300, 500 personnes sont immédiatement remplies », raconte le trentenaire.

« Je ne mangeais que des pâtes »

Et pour cause, depuis le début de la crise sanitaire, pas moins d'un tiers des étudia [...] Lire la suite