Deux-Sèvres: entre 4000 et 5000 manifestants attendus ce week-end pour protester contre des "bassines"

Un réservoir d'eau - aussi appelé bassine - à Mauzé-sur-le-Mignon, dans les Deux-Sèvres, en octobre 2022 - AFP
Un réservoir d'eau - aussi appelé bassine - à Mauzé-sur-le-Mignon, dans les Deux-Sèvres, en octobre 2022 - AFP

De 4000 à 5000 militants pourraient manifester ce week-end aux alentours de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), contre un projet de réserve d'eau pour l'agriculture, appelées "bassines". Le dispositif policier sera en conséquence important, avec 1700 policiers et gendarmes, d'après les informations de BFMTV.

Un arrêté d'interdiction de manifestation a également été pris, mais il ne semble pas décourager les organisateurs.

Les autorités estiment que les opposants à cette réserve ont pour objectif de créer une ZAD (Zone à défendre) à cet endroit. Ces derniers ont déjà installé un camping à proximité du lieu du chantier critiqué, pour accueillir entre 5000 et 10.000 manifestants selon eux. En tout 150 organisations ont relayé l'appel à la manifestation.

Des bassines qui pompent dans la nappe phréatique

Le secteur de Sainte-Soline est au coeur d'une bataille de l'eau entre agriculteurs et une cinquantaine d'associations environnementales, d'organisations syndicales et de groupes anticapitalistes.

La manifestation vise à protester contre un projet de bassines d'eau pour l'agriculture, qui servent à irriguer les champs. Ces bassines ne sont pas remplies par l'eau de pluie, l'eau qu'elles doivent contenir est pompée dans la nappe phréatique l'hiver. "Le projet consiste à créer des réserves de substitution collectives afin de prélever l’eau dans le milieu en hiver, de la stocker puis de l’utiliser en été quand les conditions hydroclimatiques le requièrent", explique le groupement de 400 agriculteurs réunis dans la coopérative de l'eau, à l'origine du projet.

La réserve de Sainte-Soline est la deuxième des 16 prévues dans le projet, avec pour objectif de "baisser de 70% les prélèvements" en été.

"On a vécu une des années les plus dures depuis trente ans, on a des récoltes qui sont catastrophiques, on a pu mesurer combien on a vraiment besoin de mieux gérer l'eau et d'avoir des outils pour le faire", explique à BFMTV Thierry Boudaud, agriculteur et président de la coopérative de l'eau.

"La problématique c'est l'accaparement de l'eau"

Pour le collectif "Bassines non merci" le projet soutient "un modèle agricole inadapté" au réchauffement climatique et représente un danger pour la biodiversité. Mais surtout, "la problématique c'est l'accaparement de l'eau, le pillage des nappes phréatiques au profit de l'agro-industrie, de cette agriculture mortifère qui a complètement défiguré notre territoire depuis plus de 50 ans", déclare Julien Le Guet, porte-parole du collectif.

Quelques élus de gauche sont attendus au rassemblement ce week-end, comme le député européen écologiste, Yannick Jadot.

Le chantier en cours est très surveillé par les forces de l'ordre, car déjà depuis plusieurs mois des militants se réunissent à proximité pour protester contre ces bassines. Le 26 mars, une manifestation ayant réuni entre 5000 et 7000 personnes à La Rochénard (Deux-Sèvres) avait été émaillée de heurts entre gendarmes et opposants aux réserves d'eau, sans faire de blessés. Des dégradations sur des installations agricoles avaient été enregistrées.

Article original publié sur BFMTV.com