Deux-Sèvres: un enfant de 4 ans grièvement blessé attend plusieurs heures qu'un hôpital l'accepte

Les urgences du CHU d'Angers.  - LOIC VENANCE / AFP
Les urgences du CHU d'Angers. - LOIC VENANCE / AFP

Le pire a été évité. Ce samedi 11 juin, près de Thouars dans les Deux-Sèvres, un enfant de 4 ans se blesse grièvement au pied à cause d'une tondeuse à gazon. "Du gros orteil jusqu’au talon et tout le long du pied, c’était déchiqueté", explique la maman du petit garçon dans des propos rapportés par la Nouvelle République.

"Les pompiers, le Samu et les gendarmes, ils sont tous intervenus très rapidement. Vraiment, il faut le dire, ils ont fait un boulot extra", poursuit-elle. Toutefois, l'enfant doit subir une intervention chirurgicale d'urgence pour sauver son pied.

Le Samu contacte alors le CHU d'Angers. Selon le récit de la mère, ce dernier refuse, notamment car le service de chirurgie pédiatrique est fermé. Commence alors une véritable course contre la montre pour que le garçon soit pris en charge.

Tous les hôpitaux ont dit "non"

"Angers a dit non, Nantes a dit non, Poitiers a dit non, Tours a dit non, on a même appelé les urgences de l'hôpital Necker à Paris qui a dit non également", explique Bernard Paineau, maire de Thouars, rapporte France 3.

Finalement, c'est le CHU d'Angers, le premier contacté, qui a rappelé pour informer qu'il pouvait accueillir l'enfant. "On a attendu plus de trois heures parce qu’on est parti vers 16h", alors que l'accident s'est produit vers 11h40, détaille sa mère.

"Les urgences pédiatriques (dont les urgences chirurgicales) sont assurées 24h sur 24 au CHU d’Angers", a expliqué plus tard la direction générale de l'établissement, contactée par la Nouvelle République. "Le week-end, le bloc pédiatrique est simplement mutualisé avec le bloc des urgences adultes (d’où une opération au bloc des urgences adultes). Le CHU d’Angers, comme tous les établissements de santé, prend en charge les urgences en priorisant les urgences vitales."

5 heures après l'accident

Le Samu a alors fait le trajet en voiture. Compte tenu de l'urgence, il a même été escorté par les gendarmes des Deux-Sèvres, puis ceux du Maine-et-Loire.

"Il a été pris au bloc opératoire adultes qui a été obligé de déprogrammer des gens pour pouvoir opérer mon fils à 19h30. C’est toute une équipe médicale qui s’est démenée pour se réorganiser", raconte la mère.

Au final, l'enfant est arrivé en salle d'opération cinq heures après l'accident. Aujourd'hui, il se porte bien. Il a perdu son gros orteil, mais sa jambe a été sauvée. Il devra toutefois encore subir de nombreuses interventions chirurgicales.

"Un système de santé en panne"

"On a frôlé la catastrophe", déplore Bernard Paineau. "Il est temps de mettre des gros, gros moyens sur la santé en France (...). Il s’est passé quelque chose de grave, c’est le symptôme d’un système de santé en panne. Je dénonce ces dysfonctionnements. C’est inacceptable, il va falloir mettre des moyens puissants sur la santé".

"Moi, je suis outré par l’incapacité des politiques depuis trente ans à prévoir des cas comme celui-là, à penser à la capacité hospitalière", regrette le docteur Frédéric Pain, président de la commission médicale d’établissement du Centre hospitalier Nord Deux-Sèvres.

"Il y a un problème grave de disponibilité de places", poursuit-il. "Quand il y a un événement comme celui-là, tout le monde se scandalise mais ça fait plus de vingt-cinq ans qu’on alerte. Cet événement, ce n’est pas le hasard au milieu d’un ciel bleu."

Même son de cloche du côté de la mère du jeune garçon qui veut témoigner pour "que ça bouge". Si elle en veut à quelqu’un, "c’est au gouvernement", poursuit-elle. Face à la crise des urgences en France, la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon ne l'a pas caché, "l'été sera difficile", avait-elle concédé il y a quelques semaines.

Article original publié sur BFMTV.com

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