Deux-Sèvres: le chantier de la "bassine" n'a pas encore repris

Le chantier d'une retenue agricole contestée dans les Deux-Sèvres n'avait pas encore repris mercredi matin, ont constaté des journalistes de l'AFP, alors que le collectif des opposants doit tenir une conférence de presse sur place.

Le site de Sainte-Soline, théâtre d'une manifestation de plusieurs milliers de personnes et de violents heurts entre des militants radicaux et les forces de l'ordre durant le week-end, était quasi-désert, en dehors d'une présence toujours importante des gendarmes pour en interdire l'accès.

Aucun engin de travaux n'avait encore fait son retour sur le chantier protégé par des grilles. Le chantier va "se poursuivre", ont indiqué mercredi la préfecture du département et la Coop' de l'eau, structure qui porte le projet, sans en préciser les dates.

L'interdiction de manifester avait été prolongée jusque mercredi matin par la préfecture. Dimanche soir au terme de la mobilisation des opposants, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé le maintien d'un millier de gendarmes, "autant qu'il faudra", pour empêcher une ZAD de s'installer à Sainte-Soline.

Le collectif d'opposants "Bassines, non merci", organisateur de la manifestation du week-end, doit tenir une conférence de presse sur les lieux à 11H00.

Le terrain occupé ce week-end durant la mobilisation, prêté par un agriculteur, était aussi désert, seules y subsistaient des tours de guet en bois édifiées par des manifestants.

Samedi, plusieurs milliers de personnes (4.000 selon les autorités, 7.000 selon les organisateurs) s'étaient réunies pour protester. Des affrontements ont éclaté quand des militants ont voulu pénétrer sur le chantier, avant d'être repoussés par les forces de l'ordre.

La "bassine" de Sainte-Soline, surnom donné par les opposants, est une des 16 réserves de plusieurs centaines de milliers de m3 qui doivent voir le jour dans les Deux-Sèvres. Élaboré par un groupement de 400 agriculteurs, le projet vise à rendre disponible de l'eau pour l'irrigation durant l'été, grâce au pompage des nappes phréatiques superficielles en hiver.

Ses partisans en font une condition de survie pour l'agriculture face aux sécheresses à répétition. Ses détracteurs dénoncent un "accaparement de l'eau" par "l'agro-industrie", doublé d'une aberration écologique à l'heure du changement climatique.

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