Deux policiers volontairement percutés par un automobiliste près de Paris

Franck FIFE à Colombes avec Céline AGNIEL et Katell PRIGENT
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Des policiers inspectent le site où un chauffeur a blessé deux policiers, le 27 avril 2020 à Colombes

Colombes (AFP) - Un automobiliste a blessé deux motards de la police lundi en les percutant volontairement en marge d'un contrôle routier à Colombes, près de Paris, et a invoqué "la situation" en Palestine dans ses premières déclarations après son interpellation.

Dans sa voiture, les enquêteurs ont retrouvé un couteau et une "lettre expliquant son geste", a indiqué le parquet de Nanterre sans donner plus de précisions. Le parquet national antiterroriste (Pnat) était dans la soirée en phase "d'observation" pour déterminer s'il allait se saisir de l'enquête.

"L'enquête qui débute fera toute la lumière sur (les) motivations" du suspect, a promis le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner dans un tweet.

Les faits se sont déroulés peu avant 17H40 lors d'un contrôle routier conjoint de la police nationale et de la police municipale de Colombes (Hauts-de-Seine) sur une avenue proche du stade Yves du Manoir, selon le parquet de Nanterre.

Les deux motards étaient à l'arrêt en train de contrôler un véhicule quand une "BMW noire" qui arrivait en sens inverse s'est déportée sur la gauche pour venir les percuter, atteignant également une voiture de la police municipale qui se trouvait derrière eux, a précisé le parquet.

L'un des motards a été grièvement blessé à la tête, l'autre aux jambes et au bassin, selon le parquet. Tous deux ont été hospitalisés mais leur pronostic vital n'est pas engagé.

Une source policière avait initialement fait état d'un conducteur de scooter qui aurait pris la fuite pour échapper au contrôle, une version non confirmée par le parquet.

Aussitôt interpellé par les policiers municipaux, le conducteur de la BMW, un Français de 29 ans habitant Colombes, a indiqué que son geste était "volontaire", selon des sources proches du dossier.

L'une de ces sources a indiqué que, lors de ses premières déclarations, l'interpellé avait indiqué "avoir percuté les policiers en représailles à la situation en Palestine".

"Il a indiqué lors de son interpellation avoir regardé des vidéos sur la Palestine avant d'agir", a confirmé le parquet.

Le suspect a été placé en garde à vue et était dans la soirée en cours d'audition. "On vérifie les éléments de personnalité et son profil psychologique", a ajouté le parquet, selon qui une perquisition était par ailleurs en cours.

Le suspect n'a pas d'antécédents judiciaires récents, n'était "pas fiché S et était inconnu des services de renseignement", a précisé à l'AFP la procureure de la République de Nanterre Catherine Denis, qui s'est rendue sur place.

L'homme était seulement connu pour des "faits de droit commun anciens", a précisé une source au sein de son parquet. Il avait par ailleurs fait l'objet d'un rappel à la loi pour outrage à agent en 2014.

-- "Etat de choc" --

Les deux motards blessés font partie de la Direction de l'ordre public et de la circulation, qui dépend de la préfecture de police de Paris (PP). Dans un tweet, le préfet de police de Paris Didier Lallement leur a exprimé "tout son soutien"

"Mes pensées accompagnent nos deux policiers blessés", a également assuré M. Castaner dans son tweet, qui a rendu "hommage au sang-froid des policiers municipaux qui leur ont porté secours et ont interpellé le mis en cause".

Les policiers municipaux qui se trouvaient dans le véhicule sont "en état de choc", selon la maire Nicole Goueta qui s'est rendue sur place.

La brigade criminelle a été saisie, avec l'appui du Service départemental de la police judiciaire des Hauts-de-Seine.

Cet incident intervient dans un contexte de récentes tensions avec la police dans le département et alors que la France vit sous la menace constante d'attaques jihadistes depuis 2015.