Deux mois sous bracelet électronique requis contre le rappeur Ademo, du groupe PNL

J.L.
·2 min de lecture
PNL  - Capture d'écran YouTube - PNL
PNL - Capture d'écran YouTube - PNL

Deux mois de prison ferme, à effectuer sous bracelet électronique, ont été requis mercredi contre le rappeur Ademo, du groupe PNL, jugé à Paris notamment pour "outrage" et "rébellion" après son arrestation mouvementée par la police en septembre dernier.

Le parquet a également demandé cinq mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende contre le musicien de 34 ans, Tarik Andrieu de son vrai nom, qui ne s'est pas présenté à l'audience.

Ademo avait été interpellé alors qu'il se préparait un joint de cannabis en marchant dans la rue à Paris, avec sa femme et leur fils en poussette. Les images de son arrestation mouvementée ont largement circulé sur les réseaux sociaux. On l'y voit notamment se montrer virulent envers les policiers, puis se faire plaquer au sol pendant que des passants invectivent les forces de l'ordre.

Une "opération tout bénef"

Les fonctionnaires assurent qu'ils n'avaient pas reconnu le rappeur. "Il me dit, tu vas faire quoi toi, tu sais pas qui je suis", a témoigné un policier devant le tribunal, qui fait part des "menaces" qu'il a ensuite reçu sur les réseaux sociaux de la part de nombreux fans appelant à "retrouver" les policiers.

Trois des quatre fonctionnaires qui l'avaient interpellé ont raconté à la barre que le rappeur s'était "tout de suite montré agressif" et les avait insulté à nombreuses reprises. "Il est dans la provocation, il crie bien fort pour attirer les badauds", dit le chef de la patrouille. "Il voulait se faire interpeller", estime-t-il en parlant de "mise en scène". Pour celui qui vient d'une "culture délinquante", l'interpellation filmée et très partagée est une "opération tout bénef", juge l'avocat de plusieurs policiers, Me Thibault de Montbrial.

Une interpellation "complètement disproportionnée"

Tarik Andrieu avait expliqué avoir été "surpris" quand le policier lui avait tapé sur l'épaule, soutenu qu'il ne voulait pas attirer l'attention mais que les policiers s'étaient montré violents. "En fait, vous avez des versions qui sont les mêmes mais avec les rôles inversés", résume la juge.

Le groupe PNL n'a "pas une parole, pas un clip" anti-police, martèle l'avocat du rappeur, Me Vincent Brengarth, qui assure que son client se serait bien passé de la "publicité" en qualifiant l'interpellation de "complètement disproportionnée".

Le groupe PNL - Ademo et son frère N.O.S - connaît un succès phénoménal en France depuis 2015. Le groupe a été lancé par le morceau Le monde ou rien, dont le clip a été tourné dans la Scampia, un quartier populaire de la banlieue de Naples. Extrêmement discrets, les deux frères pratiquent une communication a minima et ne s'expriment pas dans les médias. Le tribunal rendra sa décision le 5 mai.

Article original publié sur BFMTV.com