Deux ministres malades, une cas contact: le gouvernement confronté au Covid-19 jusque dans ses rangs

Clarisse Martin
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Les membres du gouvernement posent pour la photo officielle le 29 juillet 2020 à l'Elysée - Ludovic Marin © 2019 AFP
Les membres du gouvernement posent pour la photo officielle le 29 juillet 2020 à l'Elysée - Ludovic Marin © 2019 AFP

Deux ministres malades, dont l'une a dû être hospitalisée, et une troisième observe une période d'isolement après avoir été en contact avec une personne contaminée: au lendemain de nouvelles restrictions dans 16 départements pour combattre l'épidémie de Covid-19, ces derniers jours ont montré que le gouvernement était aux prises avec le virus jusque dans ses propres rangs.

Le 14 mars, la ministre du Travail Elisabeth Borne a été testée positive. Lundi, on apprenait que l'ex-patronne de la RATP avait été hospitalisée en fin de semaine dernière, mais que son état de santé était "en voie d'amélioration".

Dimanche, c'est la ministre de la Culture Roselyne Bachelot qui annonçait avoir été testée positive au virus après avoir éprouvé des symptômes respiratoires. Une nouvelle tombée au surlendemain d'une soirée que la ministre avait passé à l'Opéra Bastille pour une représentation de Faust, a révélé Libération photo à l'appui - sur laquelle elle est la seule à porter le masque - et après avoir décoré le chanteur Michel Sardou, faisant de lui son cas contact.

Vaccinée la semaine dernière, la ministre de la rue de Valois aurait contracté la maladie avant de recevoir la dose de sérum, selon ses médecins.

Trois cas contacts récents

Samedi, la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, indiquait avoir reçu une notification via l'application gouvernementale TousAntiCovid lui apprenant qu'elle était cas contact.

Elle a ainsi rejoint deux autres de ses homologues au gouvernement qui ont récemment été dans la même situation: le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, "cas contact familial" début mars, nous apprenait l'Agence France-Presse (AFP), vraisemblablement testé négatif in fine, et le secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, Cédric O, comme l état Le Parisien dimanche.

Pas de "cluster" au gouvernement

Une succession de cas, avérés ou non, qui amène à s'interroger sur la vigilance des membres du gouvernement, qui exhortent depuis de longs mois les Français au respect des gestes barrières. Interrogé dimanche sur BFMTV sur la présence d'un "cluster" au gouvernement, Gabriel Attal a battu en brèche l'éventualité et rejeté toute imprudence.

"Tous les membres du gouvernement, on fait particulièrement attention, d'abord pour des raisons sanitaires et ensuite parce qu'on doit être exemplaire. Ce Conseil des ministres maintenant se fait intégralement en visioconférence, on est deux avec le président et le Premier ministre physiquement à l'Elysée, Olivier Véran et moi et les autres membres du gouvernement sont tous en visioconférence", a justifié le porte-parole. "Il n'y a quasiment plus de réunion physiquement qui se font, et quand il doit y en avoir, on est toujours moins de six", a-t-il insisté.

"Des Français comme les autres"

Lundi, également sur notre antenne, la porte-parole de La République en Marche (LaREM), Maud Bregeon, faisait valoir que "les ministres (étaient) des Français comme les autres et ils (n'étaient) pas infaillibles".

A l'image de Gabriel Attal la veille, la porte-parole a insisté sur le fait que "l'Etat s'est énormément adapté", en citant le nouveau mode d'organisation du Conseil des ministres.

"On a tous des exemples autour de nous, de gens qui faisaient très attention, dans nos amis ou notre famille, et qui à un moment ou un autre ont été positifs au Covid, sans que ce soit forcément grave", a-t-elle également déminé. "Globalement, le gouvernement, à l'image de l'immense majorité des Français, fait très attention", a-t-elle poursuivi en arguant que "le risque zéro n'existe pas".

Une petite dizaine de malades au sein de l'exécutif

Sur BFMTV ce mardi matin, en visioconférence, Agnès Pannier-Runacher a expliqué être à l'isolement depuis samedi et avoir fait un premier test PCR négatif. Elle a également indiqué attendre la fin de sa septaine pour en faire un second.

"J'ai choisi de m'isoler - j'ai trois enfants et un mari - à Bercy, où je circule entre un bout d'appartement et mon bureau. On s'est organisé pour que je ne croise personne et que je sois en contact avec mes équipes en visioconférence et par téléphone", a-t-elle détaillé, en glissant au passage, que le virus "frapp(ait) indistinctement".

Quoi qu'il en soit, Elisabeth Borne et Roselyne Bachelot ne sont pas les premières membres de l'exécutif à avoir été contaminées par la maladie qui monopolise l'attention de chacun depuis plus d'un an.

Au cours de la première vague de l'épidémie, au printemps 2020, l'ancien ministre de la Culture Franck Riester avait été malade, ainsi que l'actuelle ministre déléguée chargée du Logement Emmanuelle Wargon et l'ancienne secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson. En septembre, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait été contaminé, avant Emmanuel Macron en fin d'année.

Article original publié sur BFMTV.com