Deux indigènes Yanomami tués par des chercheurs d'or au Brésil

C.Bo.
Une femme de l'ethnie Yanomami (Photo d'illustration) - LEO RAMIREZ

Deux hommes de l'ethnie Yanomami ont été tués par des chercheurs d'or illégaux au Brésil, a dénoncé vendredi une organisation de défense des droits des indigènes.

L'association Hutukara Yanomami (HAY) dit craindre "que les familles des Yanomami assassinés décident de prendre des mesures de représailles contre les mineurs illégaux" et que l'incident déclenche "un cycle de violence".

Le drame s'est produit début juin mais, en raison de l'isolement dans lequel vivent les indigènes Yanomami, il n'a été rapporté aux autorités que cette semaine, par un homme accompagnant sa femme à l'hôpital de Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima.

"Ce nouveau meurtre de Yanomamis par des mineurs illégaux doit faire l'objet d'une enquête approfondie et souligne la nécessité pour le gouvernement brésilien d'agir urgemment pour éliminer immédiatement tous les mineurs illégaux opérant sur les terres yanomami", réclame l'association Hutukara Yanomami.

Quelque 20.000 orpailleurs opèrent sur le territoire Yanonami

Début juin, les leaders des organisations indigènes ont lancé une campagne pour exiger des autorités brésiliennes l'expulsion des orpailleurs opérant sur les territoires des Yanomami afin de freiner la propagation du nouveau coronavirus dans le nord du pays.

Intitulée #ForaGarimpoForaCovid (Dehors l'orpaillage, dehors le Covid), l'opération dénonce les allers et venues des orpailleurs sur les terres des Yanomamis, à la recherche d'or, sans aucun contrôle. Selon des ONG comme Survival International et l'Institut socio-environnemental (ISA), quelque 20.000 orpailleurs opèrent sur le territoire Yanonami, qui s'étend sur 96.000 km².

Les Yanomami, qui sont environ 27.000 au Brésil, ont été décimés à l'instar d'autres ethnies dans les années 1970 par les maladies propagées par les colons européens et l'arrivée de chercheurs d'or sans scrupules. Le Brésil compte près de 800.000 autochtones de plus de 300 ethnies. Le géant sud-américain totalise près de 56.000 morts du nouveau coronavirus, le plus lourd bilan mondial après les Etats-Unis.

Article original publié sur BFMTV.com