Deux fois plus de feux de forêt extrêmes dans le monde ces vingt dernières années

Pour la première fois, rapporte le site Phys.org, “les chercheurs ont pu tracer une tendance mondiale des types d’incendies les plus destructeurs”, rendus responsables de dommages économiques majeurs ainsi que de pertes de vies animales et humaines.

C’est en étudiant plus de 3 000 incendies de forêt entre 2003 et 2023 que les chercheurs, qui ont publié leur étude dans le journal Nature Ecology & Evolution, ont pu établir que leur fréquence a été multipliée par 2,2 pendant cette période. “Je m’attendais à une certaine augmentation, mais ce taux m’a alarmé”, s’étonne le principal auteur de l’étude, Calum Cunningham, de l’université de Tasmanie, en Australie.

Sa recherche qui a notamment porté sur les incendies australiens montre que les six dernières années sont aussi les six plus intenses en la matière. “Le changement climatique rend les incendies plus extrêmes et plus fréquents dans de nombreuses régions du monde”, indique cet expert en pyrogéographie au quotidien The Washington Post.

Les forêts septentrionales particulièrement à risque

Cela dit, note The New York Times, l’augmentation mondiale de la fréquence et de l’intensité des incendies est presque exclusivement due à des changements survenus dans deux régions : celle des forêts de conifères tempérées de l’ouest des États-Unis et du Canada, où la fréquence des incendies extrêmes a été multipliée par 11 en vingt ans, et celle des forêts boréales nord-américaines et russes, où leur nombre a été multiplié par 7,3. Ces conclusions, précise Calum Cunningham, “concordent avec les effets des changements climatiques, qui créent dans ces forêts des conditions plus chaudes et plus sèches, plus propices aux événements extrêmes”.

Autre facteur inquiétant relevé par l’étude, que résume le Washington Post : “À mesure que les températures nocturnes augmentent, l’intensité des incendies de forêt continue de rester forte pendant la nuit”. Ce qui complique le travail des sapeurs-pompiers. L’empreinte humaine est indéniable. Comme l’explique au New York Times Jennifer R. Marlon, de l’université Yale, l’étude observe que les humains modifient les modes d’incendie des forêts et des prairies “bien au-delà de ce que nous avons jamais fait dans le passé”.

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