France : neuf italiens menacés d'extradition placés sous contrôle judiciaire

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Condamnés en Italie pour des actes de terrorisme commis dans les années 1970-1980, les neuf ex-membres des Brigades rouges italiennes arrêtés en France ont finalement été relâchés, jeudi, sous contrôle judiciaire strict, le temps que la justice examine la validité des demandes d'extradition de Rome.

Neuf anciens membres de l'extrême gauche italienne, condamnés pour terrorisme en Italie et réfugiés depuis les années 80 en France, ont été présentés, jeudi 29 avril, à la justice française qui les a relâchés sous contrôle judiciaire, dans l'attente de l'étude des demandes d'extradition de Rome.

Sept d'entre eux avaient été interpellés mercredi, telle l'ex-brigadiste Marina Petrella, 66 ans, dont le président Nicolas Sarkozy avait refusé en 2008 l'extradition autorisée par la justice française.

Deux autres, Luigi Bergamin, ex-membre des Prolétaires armés pour le communisme, âgé de 72 ans, et Raffaele Ventura, ancien membre des Formations communistes combattantes, 71 ans, se sont présentés successivement, jeudi matin, à la cour d'appel de Paris, accompagnés de leurs avocats, selon des sources judiciaire et proches du dossier.

Sous contrôle judiciaire strict

Ces neuf sexagénaires ou septuagénaires, anciens de Brigades rouges, se sont vus notifier, jeudi, les mandats d'arrêts italiens par des magistrats de la cour d'appel de Paris.

Le parquet général de cette cour a indiqué en fin d'après-midi, dans un communiqué, qu'ils avaient tous été relâchés sous contrôle judiciaire strict (interdiction de sortie du territoire, remise des documents d'identité, pointages réguliers).

Selon des sources proches du dossier, plusieurs de ces militants ont pu repartir discrètement du palais de Justice de Paris à la mi-journée ou en début d'après-midi. "Aucun n'a consenti à son extradition", a précisé le ministère public.

La cour d'appel doit statuer dans l'immédiat sur leur statut - liberté sous contrôle judiciaire ou incarcération - le temps que la justice examine la validité des demandes d'extradition italiennes, une procédure qui devrait prendre plusieurs mois au minimum.

Le virage historique d'Emmanuel Macron

Ces anciens militants, dont six anciens membres des Brigades rouges, se sont réfugiés en France dans les années 1980, où ils ont refait leur vie tandis que l'Italie les condamnait pour des crimes de sang commis dans les années 1970-80, dites "les années de plomb".

Plusieurs contestent être impliqués dans les meurtres de policier, industriel ou officier de gendarmerie pour lesquels ils ont été condamnés.

Plus de 30 ans après, le président Emmanuel Macron a, dans un virage historique, décidé de régler ce litige en favorisant la mise à exécution des demandes d'extradition récemment renouvelées par l'Italie.

Avec AFP