Deux ans après l'explosion au port de Beyrouth, un nouvel effondrement de silos

Même pays, même ville, même port. Deux ans jour pour jour après l'explosion du port de Beyrouth, une partie des silos à grain endommagés par la déflagration de 2020, s'est effondrée.

Un énorme nuage de fumée a couvert la zone portuaire après l'effondrement. C'est le deuxième accident du genre en quatre jours, après un précédent écroulement ce dimanche.

Au même moment, des milliers de Libanais se sont réunis dans la capitale pour réclamer une enquête internationale et le droit de connaître la vérité sur les circonstances de la tragédie.

"Je vois la même scène, presque du même endroit, deux ans plus tard", a déclaré Lama Hachem, 30 ans, à l'AFP dans le centre-ville de Beyrouth en observant la fumée et la poussière qui se dégageaient du port.

Hassan Ammar/ AP Photo
Des manifestants libanais défilent à Beyrouth pour réclamer la vérité sur l'explosion d'août 2020 - Hassan Ammar/ AP Photo

Le jour du drame, des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium, stockées sans précaution dans un entrepôt, explosent. Il s'agit de l'une des plus importantes explosions, non nucléaires, jamais enregistrées. Bilan, plus de 200 morts, 6.500 blessés et un pays traumatisé qui peine toujours à se relever.

Les causes exactes de l'accident restent sont toujours inconnue, tout comme l'identité des responsables. Antonio Guterres, le secrétaire générale de l'ONU a réclamé une "une enquête impartiale, approfondie et transparente"

Une enquête du patine

"Pas de justice sous le règne de la milice et de la mafia", pouvait-on lire sur une des banderoles brandie par les manifestants. Une référence à la classe dirigeante - en place depuis des décennies -, accusée par une grande partie de la population de mauvaise gestion, de corruption et de négligence.

Cette méga-explosion est un cauchemar dans l'histoire déjà mouvementée du Liban, aujourd'hui embourbé dans la pire crise économique de son histoire, confronté à d'incessantes coupures de courant, une inflation galopante et un désespoir généralisé.

"Stressés en permanence"

L'énorme explosion il y a deux ans a été ressentie jusqu'à Chypre, île méditerranéenne située à environ 200 km. Elle a encore plus affecté une population déjà éprouvée par la crise et provoqué un exode massif du Liban rappelant celui de la guerre civile de 1975-1990.

"Cette classe dirigeante nous tue tous les jours", estime Mme Hasrouty. "Ceux qui ne sont pas morts dans l'explosion, meurent de faim", dit-elle.

Les boulangeries rationnent le pain, les coupures de courant peuvent aller jusqu'à 23 heures par jour, les rues sont sombres la nuit et les feux de circulation hors service.

L'explosion, "c'était un cauchemar", se souvient Lara Khatchikian, depuis son appartement très endommagé qu'elle a depuis réparé, d'où elle voit le port. L'incendie dans les silos l'a ravivé.

"Mes voisins et moi étions stressés en permanence. J'ai ressenti de la peur, nous ne pouvions pas dormir. Il faut une force surhumaine pour vivre quand on se souvient constamment de l'explosion", conclue t-elle.

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