«Dessine-moi une meuf à poil»

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Dans «Krollebitches», Jean-Christophe Menu revient sur une enfance obsédée par la bande dessinée

Le bonheur de l’enfance se cache dans les détails. Il faut, une fois devenu adulte, fouiller au fond de sa mémoire pour retrouver les traces éphémères de ces moments uniques et dont, sur l’instant, on était bien incapable de comprendre à quel point ils étaient importants. Heureusement, certains sont plus méthodiques que d’autres et pensent déjà, gamins, à tout classer, répertorier, garder. Pratique quand on revient dessus comme, disons-le, le maniaque Jean-Christophe Menu, qui appelle ça «l’Egoarchéologie». L’auteur et cofondateur de l’Association, mis théâtralement dehors en 2011 de cette maison qui ne fait plus rien d’intéressant depuis, a toujours réfléchi autour de l’illustration, théorisant un art parfois méprisé, notamment dans sa thèse, passionnante et accessible pour les béotiens, la Bande dessinée et son double. Dans Krollebitches, il revient sur son enfance et sur ses premières expériences sensibles avec Tintin, Spirou, Lucky Luke, etc.

Boucle. Menu a eu une chance merveilleuse. Né en 1964, il a grandi à une époque où les grands maîtres comme Hergé ou Franquin n’étaient pas encore morts, voire étaient au top de leur forme, et où en même temps de nouvelles revues et maisons d’édition révolutionnaires comme Metal hurlant, Fluide glacial et Futuropolis allaient faire leur apparition (avant une autre vague menée au début des années 1990 par l’Association). Il a donc pu observer, en direct, l’évolution et les ruptures de cet art, d’où le nom donné à son ouvrage, «Krollebitches», «du dialecte bruxellois crolle (boucle) et du néerlandais beetje (un peu). Popularisé (et peut-être inventé) par Franquin, ce mot désigne l’ensemble des signes graphiques caractéristiques de la bande dessinée : traits de vitesse, gouttes de sueur, spirales d’étourdissement ou de folie, etc.»

Dès son plus jeune âge, la question du langage fascine Menu. Dans sa chambre d’enfant unique, où on (...)

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