Des membres du département d'Etat et du Pentagone critiquent Trump

Plus de 175 membres du département d'Etat américain et du Pentagone ont signé une déclaration dans laquelle des dirigeants de la communauté du renseignement dénoncent la décision de Donald Trump de révoquer l'habilitation secret-défense de l'ancien patron de la CIA. /Photo prise le 19 août 2018/REUTERS/Yuri Gripas (Reuters)

WASHINGTON (Reuters) - Plus de 175 membres du département d'Etat américain et du Pentagone ont signé une déclaration dans laquelle des dirigeants de la communauté du renseignement dénoncent la décision de Donald Trump de révoquer l'habilitation secret-défense de l'ancien patron de la CIA.

A l'origine, la déclaration émanait d'une quinzaine d'anciens directeurs et directeurs adjoints de la CIA et de la direction nationale du renseignement (DNI) après la révocation des accréditations de John Brennan qui critique régulièrement les décisions prises par le président des Etats-Unis.

Parmi les nouveaux signataires figurent d'anciens conseillers politiques et des fonctionnaires de carrière qui ont travaillé sous des administrations démocrates et républicaines.

Plusieurs des signataires ont eu des fonctions sous la présidence de George W. Bush et sous celle de Barack Obama et ont servi dans les différentes agences fédérales du renseignement mais également à l'antiterrorisme, au conseil national de sécurité et à l'Otan.

"Le pays sera affaibli si est mis en oeuvre un critère de sélection politique" avant que d'anciens experts en matière de sécurité soient autorisés à exprimer leur point de vue, affirme la déclaration.

Plusieurs des signataires ont dit ne pas soutenir les critiques régulières formulées par John Brennan à l'encontre de Donald Trump mais estiment que la réponse politique apportée par le président américain est de nature affaiblir la capacité de défense des Etats-Unis.

John Brennan avait notamment estimé que la piètre prestation de Donald Trump lors du sommet avec Vladimir Poutine à Helsinki relevait de la "trahison".

"Je vais faire ce qui est nécessaire pour essayer d'empêcher ce genre d'abus à l'avenir et si cela signifie saisir la justice, c'est ce que je ferai", a déclaré Brennan sur NBC.

(Mark Hosenball; Pierre Sérisier pour le service français)