Derrière "Au-dessus des nuages" sur TF1, l'histoire vraie de Dorine Bourneton

Claire Pian
·4 min de lecture

TÉLÉFILM- Ce lundi 9 novembre, TF1 diffuse sa nouvelle création originale “Au-dessus des nuages”. Adapté du roman éponyme, le téléfilm s’intéresse au parcours tumultueux de la première femme handicapée et pilote de voltige au monde.

Incarnée adolescente par Margaux Chatelier, puis adulte par Alice Taglioni, Dorine Bourneton se confie pour le HuffPost sur sa passion dévorante pour l’aviation, ainsi que les différents obstacles et succès qui ont marqué sa vie, comme vous pouvez le voir dans l’entretien en tête de cet article.

Enfant déjà, Dorine s’émerveillait sur les histoires et les voyages racontés par les plus grands aviateurs et aviatrices. “C’est mon père qui m’a transmis sa passion” raconte-t-elle nostalgique. Jean Mermoz, Charles Lindbergh, Adrienne Bolland... Elle rêve de pouvoir, elle aussi, prendre les commandes d’un avion et venir en aide aux populations enclavées, défavorisées.

À 15 ans, elle réalise son premier vol solo et touche de plus près son rêve: “À cette époque, je n’avais même pas mon permis de conduire”. Malgré une peur certaine, elle dit prendre rapidement conscience que ses craintes ne doivent pas la contraindre, et qu’elle doit se faire confiance quoiqu’il en coûte. Une mentalité qui ne la quittera jamais. “C’est ce qui m’a aidé ensuite, quand j’ai eu mon accident d’avion”.

À 16 ans, elle est la seule rescapée d’un accident d’avion

Le 12 mai 1991, Dorine Bourneton est la passagère d’un avion de tourisme, et vole au-dessus du Massif central. À cause de mauvaises conditions météorologiques, le pilote perd le contrôle de l’appareil qui s’abat sur le flanc d’une montagne. Après une douzaine d’heures de recherches, la jeune fille est retrouvée vivante. À son réveil à l’hôpital, elle découvre ne plus pouvoir bouger ses membres inférieurs.

Celle que tout le monde connaissait pour son âme de leader, son esprit fonceur, se retrouve privée de ses jambes. “Pendant deux ans, ça a été la déprime totale, le rejet des autres. Je ne pouvais pas supporter l’image que je renvoyais. Je me sentais très laide, diminuée”. Deux années où elle perd confiance en elle, mais ne perd pas de vue pour autant son objectif de toujours: devenir pilote. Malgré son handicap, elle affirme: “Je ne me suis jamais dit que je ne me pourrais plus voler”.

Enivrée par le courage et la détermination de ces pionniers qu’elle adule, la jeune Dorine va contre l’avis des médecins, et se persuade qu’un jour, elle aussi pourra faire partie des grands noms de l’aviation: “J’avais tapissé les murs de ma chambre de posters d’avion, et je m’imaginais voler avec ses aviateurs. Je voulais tellement leur ressembler”.

Devenue un modèle pour les plus jeunes

Pas du genre à se laisser abattre, la jeune Dorine et son père vont écumer les salons afin de trouver si des appareils avec commandes manuelles existent. Sa rencontre avec Guillaume, lui aussi pilote handicapé lui permettra de passer son brevet de pilote, quatre ans après son accident.

Son premier rêve devenu réalité, Dorine aspire à d’autres choses, et se heurte à de nouveaux obstacles : “Quand je suis tombée enceinte, ma mère m’a dit que je n’y arriverai jamais, que c’était complètement inconscient. Ça m’avait fait mal”. Mais l’insoumission fait partie de son ADN, et une nouvelle fois, elle ira contre l’avis de ses proches et donnera naissance à sa fille.

C’est pour elle qu’elle mettra sa carrière entre parenthèses: “J’ai pris conscience que voler était quelque chose de dangereux. Ma petite fille avait besoin de moi pour s’épanouir, donc de moi-même j’ai cessé de voler pendant sept ans”.

Aujourd’hui, l’énumération des succès de Dorine Bourneton est impressionnante. Chevalier de la Légion d’honneur en 2015, elle est la première femme au monde paraplégique et pilote de voltige. Un titre qui n’aurait jamais pu exister sans son engagement pour le changement de la règlementation entre 1997 et 2003: “C’est ma plus grande fierté, avoir pu changer la loi pour permettre aux personnes handicapées des membres inférieurs de devenir pilotes professionnels”.

À Andrézieux-Bouthéon dans la Loire, une rue porte aujourd’hui le nom de Dorine Bourneton. Chaque jour, à travers son association “Envie d’envol”, des jeunes valides et invalides lui demandent conseil, lui communiquent leur gratitude: “Quand j’étais adolescente, je me suis appuyée sur mes modèles, et aujourd’hui on me témoigne qu’à mon tour je suis devenue un modèle pour les jeunes.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.