Derrière la colère de Macron, le statut très spécial de l'église Sainte-Anne

Photographie de l'Église Saint-Anne de Jérusalem.  (Photo: EMMANUEL DUNAND via Getty Images)

HISTOIRE - Sur son toit flotte un drapeau tricolore. Située dans la vieille ville de Jérusalem, l’église Saint-Anne, où Emmanuel Macron a eu un accrochage avec la police israélienne ce mercredi 22 janvier, a un statut particulier. L’édifice religieux construit par les Croisés au XIIe siècle figure parmi les quatre territoires français dans la ville sainte, aux côtés du Tombeau des Rois, l’église du Pater Noster et l’abbaye Sainte-Marie de la Résurrection d’Abu Gosh. 

Un statut spécial qui remonte à la seconde moitié du XIXe siècle, et à l’engagement de la France dans la guerre de Crimée, qui opposait l’Empire ottoman du sultan Abdülmecid 1er à l’Empire russe du tsar Nicolas 1er. Un conflit dans lequel la France et la Grande-Bretagne s’étaient engagées aux côtés de l’Empire ottoman.

À la fin de cette guerre en 1856, qui s’est achevée par une défaite des Russes, Abdülmecid 1er, qui régnait sur la région, a offert l’église Saint-Anne à Napoléon III. Depuis, celle-ci fait partie du “Domaine national français en Terre sainte”, administré par le consul général de France à Jérusalem. Des possessions qui n’ont jamais été remises en question, mais qui ont déjà provoqué des tensions par le passé.

“Je ne veux pas de gens armés en territoire français”

Si le coup de sang de Jacques Chirac dans les quartiers arabes en 1996 est resté célèbre, un autre volet de cette séquence est lui un peu moins connu, et il concerne justement l’église Saint-Anne. Alors que des agents israéliens étaient positionnés à l’intérieur de l’édifice, l’ancien président de la République s’était planté devant et avait refusé d’entrer. “Je ne veux pas de gens armés en territoire français... j’attendrai”, avait lancé l’ancien président de la République, obligeant les soldats de l’État hébreu à sortir de l’église.

Devant l’archevêque qu’il avait fait patienter, l’ex-chef de l’État avait tenu à se justifier: “je suis désolé de vous avoir fait attendre, mais il y a des hommes en armes qui étaient entrés ici. Je ne pouvais pas accepter”. Ce sont les mêmes raisons qui ont conduit Emmanuel Macron à hausser le ton le mercredi, comme il l’a expliqué par la suite.

À l’époque de Jacques Chirac, Benjamin Netanyahu (déjà lui) s’était confondu en excuses, expliquant le zèle des forces de sécurité israéliennes par l’assassinat d’Yitzhak Rabin survenu un an plus tôt

Vingt-quatre ans plus tard, la situation sécuritaire en Israël, et plus précisément à Jérusalem, ne s’est pas améliorée. Plusieurs attaques au couteau ont été recensées dans la vieille ville ces derniers mois, dont une survenue il y a quelques jours à peine. Pas de quoi calmer la nervosité des services israéliens sur place, souveraineté française ou non.   

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