"Le dernier compagnon n'est plus": après la mort d'Hubert Germain, que va devenir l'Ordre de la Libération?

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Le cercueil d'Hubert Germain sur un char remontant les Champs-Élysées le 11 novembre 2021 - Ludovic MARIN / POOL / AFP
Le cercueil d'Hubert Germain sur un char remontant les Champs-Élysées le 11 novembre 2021 - Ludovic MARIN / POOL / AFP

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"Le dernier compagnon n'est plus". Avec la mort d'Hubert Germain le 12 octobre dernier, mourait la dernière des 1038 personnes à avoir reçu le statut de compagnon de la Libération. Les commémorations du 11-Novembre ont rendu hommage aux membres de cet ordre créé en 1940, pour récompenser les résistants et combattants de la Seconde Guerre mondiale.

Cette distinction était destinée "à récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de libération de la France et de son Empire", précise l'ordonnance du général de Gaulle, à l'origine de sa création.

Mais alors que tous ses membres sont désormais morts, que faire de cet ordre désormais?

"L’Ordre poursuivra ses missions"

S'il n'y a plus de compagnons aujourd'hui, c'est parce que le général de Gaulle en a limité le nombre. En 1946, il signe ainsi un décret "mettant fin à l'attribution de la croix de la Libération, le territoire national ayant retrouvé sa pleine souveraineté", explique le site du ministère de la Défense. Il sera "exceptionnellement rouvert" pour le Premier ministre britannique Winston Churchill, le 18 juin 1958, et à titre posthume, pour le roi George VI, le 2 avril 1960.

Les missions de l'Ordre aujourd'hui sont de veiller "sur la mémoire des compagnons de la Libération". Il "est également chargé de la médaille de la Résistance française", explique le site de l'Ordre. Et "lorsque le dernier compagnon aura disparu, l’Ordre poursuivra ses missions", est-il assuré. Elles consistent principalement à entretenir la mémoire des compagnons et plus largement des résistants et combattants français, notamment grâce au musée de l'Ordre de la Libération.

Ainsi, si "le dernier compagnon n'est plus (...) ces 1038 qui ont épousé la France, d'un amour inconditionnel, allant jusqu'au sacrifice, ne disparaissent pas pour autant", a assuré Emmanuel Macron. L'Ordre "fera des compagnons de la liberté une source éternelle d'inspiration pour tous les enfants de France, toujours unis", a déclaré le président. 876450610001_6281432701001

"Les compagnons pensaient que leur expérience pouvait servir de source d'inspiration à la jeunesse française", avait expliqué mercredi à l'AFP le général Christian Baptiste, délégué national de l'Ordre de la Libération, en indiquant que le musée de l'Ordre, situé aux Invalides, devait tenir lieu de "boussole de citoyenneté" pour les nouvelles générations.

"Perpétuer le souvenir des épisodes glorieux"

D'autre part, les membres de l'Ordre ne sont pas que des femmes et des hommes. 18 croix de la Libération ont en effet été remises à des unités militaires et cinq à des communes françaises.

Emmanuel Macron a d'ailleurs appuyé ce jeudi le fait que l'Ordre, même sans membre, "vivra", car "les 18 unités combattantes continueront d'arborer l'emblème des compagnons, fourragère [décoration militaire sous forme d'une cordelette] noire pour le deuil, verte pour l'espoir. La croix de Lorraine ornera encore les blasons des communes compagnon, Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux en Vercors et l'Île de Sein".

Créée en février 1996 à l'initiative de l'ex-président français Jacques Chirac, la fourragère de l'Ordre de la Libération est en effet destinée à "perpétuer le souvenir des épisodes glorieux des régiments ayant participé à la libération de notre pays", explique le ministère de la Défense. Elle permet ainsi de pérenniser l'Ordre de la Libération et de préserver de l'oubli le souvenir des compagnons de la Libération.

Ont droit aussi au port de cette fourragère depuis 2011 les membres d'équipage du porte-avion Charles de Gaulle, depuis 2018 les personnels militaires de la DGSE et depuis 2019 les élèves officiers de première année de l'École de l'Air.

Une volonté d'Hubert Germain

Perpétuer cet ordre, d'une façon ou d'une autre, était une volonté d'Hubert Germain. "Vous êtes maintenant dépositaires des braises ardentes […], somme de nos engagements, faits de déchirements, de sueur, d’angoisses, de larmes, de sang, de souffrances et de chagrins. Vous avez désormais pour mission de conserver rougeoyantes ces braises", avait-il écrit dans son testament, rapporté par Le Figaro.

Après sa mort, il comblera, lui, une volonté du général de Gaulle. Ce dernier avait en effet émis le souhait que le caveau n°9 de la crypte du mémorial de la France combattante, au Mont Valérien (Hauts-de-Seine) soit réservé au dernier des membres de l'Ordre de la Libération. Hubert Germain y a été inhumé ce jeudi.

Article original publié sur BFMTV.com

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