« La dernière ville sur terre » : le roman prémonitoire de Thomas Mullen

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Un critique de l'époque avait ironisé sur cette histoire de ville verrouillée. Que dirait-il aujourd'hui, le malheureux, alors que la Chine vient seulement de réouvrir ses frontières. Après trois ans de fermeture… Thomas Mullen enflamme notre imagination avec cette histoire basée en partie sur des faits réels. Lors de la grippe espagnole en 1918, il y a bien eu quelques agglomérations aux États-Unis qui ont pratiqué une quarantaine féroce afin de prévenir la diffusion du virus.

C'est exactement ce qui se passe à Commonwealth, à moins de cent kilomètres de Seattle, dans l'État de Washington. Fondé par Charles Worthy, le bourg ne figure même pas sur les cartes. Il incarne un rêve, une utopie. Un lieu où les ouvriers seraient mieux payés et bien traités. Le pari est en passe de réussir, il fait bon vivre et travailler à la scierie de Charles, patron atypique, issu d'une famille riche mais qui s'est émancipé de ce capitalisme rugueux et naissant. Un microbe va bousculer cet équilibre inédit. Tout ce que Charles et sa femme ont construit au fil des ans, va se désagrèger sous leurs yeux, lentement, douloureusement et inexorablement.

La science face aux rumeurs

De nombreux thèmes sont abordés par Thomas Mullen. La ville en quarantaine, comme métaphore de la politique isolationniste du président américain Woodrow Wilson, face au conflit européen qui se joue en 14-18. Le bon docteur Barnes qui pourrait à lui tout seul incarner le conseil scientifique, désormais dissous, et qui pendant...


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