Depuis qu'ils ont été vaccinés contre le Covid, ces seniors revivent

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Un soignant prépare une dose de vaccin anti-Covid-19 Pfizer-BioNTech le 8 février 2021 dans un hôpital de Rome - Tiziana FABI © 2019 AFP
Un soignant prépare une dose de vaccin anti-Covid-19 Pfizer-BioNTech le 8 février 2021 dans un hôpital de Rome - Tiziana FABI © 2019 AFP

Depuis qu'ils ont reçu leurs injections, ces seniors revivent. Pour nombre de ces retraités ou résidents d'Ephad, la vaccination contre le Covid-19 a été synonyme de soulagement mais aussi de libération. Envolée la peur des autres, disparue la crainte de tomber malade et de se retrouver dans un état grave.

"J'en ai presque pleuré de joie"

C'est le cas d'Anne-Marie*, une enseignante à la retraite âgée de 74 ans qui réside avec son conjoint dans un pavillon de Seine-et-Marne. Elle évoque pour BFMTV.com le "traumatisme" qu'a représenté pour elle la pandémie de Covid-19, entre les clusters, l'explosion du nombre de malades et les différentes voies de transmission.

"J'angoissais de la proximité physique corporelle des personnes croisées en ville, sur le trottoir, mais aussi de mon entourage proche, amis, voisins ou famille. À tel point que je n'éprouvais aucun plaisir à sortir de chez moi, un sentiment nouveau de misanthropie, moi qui apprécie, ô combien, les relations interpersonnelles!"

Cette septuagénaire avait en effet, avant la pandémie, une vie sociale particulièrement riche et animée, entre les amis et amies qu'elle recevait régulièrement à domicile, ceux à qui elle rendait visite, ses voyages pour retrouver ses enfants et petits-enfants qui vivent à l'étranger et ses activités sportives.

"Quand mon médecin m'a appelée pour me proposer de me vacciner, ça m'a rendu euphorique! J'en ai presque pleuré de joie! Je me suis dit 'ça y est, je vais être vaccinée! Je vais pouvoir me protèger et protéger les autres'."

Dans l'attente de sa seconde injection, Anne-Marie assure se sentir "libérée", "plus optimiste". Ce qui ne l'empêche pas pour autant de rester sur ses gardes et d'appliquer scrupuleusement les gestes barrières.

"Je suis plus détendue, certes, mais toujours prudente et respectueuse des conseils sanitaires."

Retrouver ses proches

D'autres sont avant tout soulagés de pouvoir reprendre une vie presque normale, comme avant la pandémie, lorsqu'ils pouvaient recevoir la visite de leurs proches et se rendre dans leur famille. Comme Philippe Wender, 84 ans, ancien cadre de l'industrie informatique et président de l'association Citoyennage qui représente les personnes âgées vivant à domicile ou en établissement. Lui-même réside depuis trois ans, avec son épouse, dans un Ephad du Val-de-Marne.

"Nous avons été vaccinés mi-février et après il y a eu le troisième confinement, se souvient-il pour BFMTV.com. Du coup, on n'a pas eu tout de suite les bénéfices de la vaccination du point de vue des relations sociales. Mais c'est cet argument qu'on a mis en avant après pour pouvoir obtenir des allègements."

Lors d'une conférence de presse en ligne, Philippe Wender avait ainsi demandé des assouplissements dans le protocole sanitaire. Son association, soutenue par celle des directeurs au service des personnes âgées, avait ainsi demandé que les visites des proches soient de nouveau autorisées en logement et que les résidents puissent se rendre dans leur famille. Il avait ainsi obtenu gain de cause. Mi-mars, le protocole sanitaire était allégé.

La reprise du contact avec ses proches: une bouffée d'air plus que nécessaire pour cet octogénaire.

"Nous avons déjà perdu un an de notre vie et pour nous les années qui restent comptent triple ou quadruple, elles sont limitées", déclarait-il alors.

"Impatiente et tellement contente"

Depuis qu'elle a reçu ses deux injections, Annie*, 83 ans, se dit quant à elle "plus tranquille". Elle a ainsi réintégré son groupe de patchwork - quatre amies qui se réunissent une fois par semaine chez les unes ou les autres pour coudre autour d'un thé.

"On se dit que si on croise le virus, on ne sera peut-être pas atteint", confie-t-elle à BFMTV.com.

Cette professeure des écoles à la retraite qui vit seule, chez elle, dans son appartement de Melun, en Seine-et-Marne, a dû patienter deux mois après le début de la campagne de vaccination pour recevoir sa première dose. C'est le service seniors de sa ville qui l'a appelée pour lui annoncer la nouvelle. "J'étais impatiente et tellement contente quand ils m'ont dit que j'allais être vaccinée." Elle se réjouit surtout à l'idée de retrouver enfin ses sept petits-enfants.

"J'ai vu mes deux fils de temps en temps, mais pas leurs enfants, on se disait que c'était préférable tant que je n'étais pas vaccinée. Avec le confinement et leurs études, ça n'a pas encore été possible. Mais d'ici une quinzaine de jours, ça devrait s'arranger. Les revoir, c'est ça qui me fera vraiment plaisir."

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Article original publié sur BFMTV.com

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