Demander "Angela": le dispositif d'aide pour les victimes de harcèlement de rue

Ce système permet à des personnes de signaler de façon discrète à un établissement qu'elles se sentent en danger dans l'espace public et de s'y réfugier pour se sentir en sécurité.

"Où est Angela?" Cette question peut, dans plusieurs villes de France, permettre à des personnes d'alerter discrètement sur le fait qu'elles sont suivies ou victimes de harcèlement de rue. Le dispositif existe depuis 2020 en France et de nouvelles communes le rejoignent régulièrement.

Dernièrement, Mérignac et Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), mais aussi Besançon (Doubs), ont développé le mouvement sur leur territoire.

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Le plan Angela a été lancé sur un modèle déjà existant au Royaume-Uni "pour prévenir et lutter contre le harcèlement de rue", explique le site du gouvernement qui souligne que "8 jeunes femmes sur 10 ont peur de sortir seules le soir".

Un système similaire avait déjà été mis en place pendant le confinement, devant la hausse des violences conjugales. Les personnes en danger pouvaient donner le code "masque 19" dans une pharmacie pour alerter sur leur situation sans que d'autres individus (potentiellement l'agresseur) puissent s'en rendre compte.

En quoi consiste le dispositif?

Avec le plan Angela, "si une personne ne se sent pas en sécurité, se sent harcelée, elle peut trouver refuge dans l’un des établissements partenaires – identifié grâce au sticker sur sa vitrine – et demander 'Angela'", détaille le site du gouvernement.

À Bordeaux par exemple, ville qui développe ce système depuis plus d'un an, des dizaines de bars, commerces, boîtes de nuit et lieux culturels ont affiché un sticker rose dans leur établissement. Le dispositif a aussi été étendu dans les transports en commun.

L'établissement qui se porte "volontaire s'engage" à "porter assistance et soutenir toutes personnes faisant appel au dispositif", explique la municipalité.

Si une personne entre en prononçant ce fameux code, il s'agit de la garder en sécurité le temps nécessaire (avant l'arrivée des secours ou d'un proche par exemple) et de lui venir en aide en lui apportant par exemple "un soutien matériel adéquat" comme l'accès à une "prise électrique pour charger un appareil électronique, téléphone, chaise, verre d'eau..."

Les personnels des établissements concernés doivent être avertis du système en place et des gestes à avoir.

"En étant partenaire de ce dispositif, l’établissement s’engage à respecter les 3 principes suivants: principe d’assistance, principe d’information et principe de communication", peut-on lire dans la charte d'engagement du gouvernement.

Un dispositif étendu dans plusieurs villes de France

Le sticker marquant l'établissement partenaire n'est pas le même partout. À Nogent-sur-Marne ou Alfortville (Val-de-Marne) il est par exemple de couleur noire avec une écriture rose, à Beauvais il est blanc avec un contour gris bleu. Les mairies recensent habituellement les lieux qui participent au dispositif.

Si c'est la protection des femmes qui est particulièrement visée par ce système, les hommes en danger peuvent bien entendu l'utiliser également.

Le site du gouvernement précise également que la formulation exacte de l'appel à l'aide n'est pas arrêtée, "l’utilisation seule du mot 'Angela' indique qu’une personne est dans une situation délicate. Cependant, si une personne, sans prononcer le nom d’Angela, signale qu’elle est en situation difficile, cela suffit à ce que l’équipe lui vienne en aide".

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Même s'il est difficile de connaître pour le moment l'impact réel de ce système, à Bordeaux, "on a constaté que 'Demandez Angela' était de plus en plus un critère dans le choix des établissements fréquentés par les jeunes filles", explique au Figaro Amine Smihi, adjoint au maire chargé de la tranquillité publique, qui assure qu'en "un an, on a doublé le nombre d'établissements participants à ce dispositif ".

"L’objectif de la mise en place de ce réseau de lieux sûrs est de contribuer à réduire le sentiment d’insécurité et de permettre à chacune et chacun de profiter de notre ville, de ses commerces, de sa vie culturelle et nocturne", écrit l'observatoire beauvaisien des violences faites aux femmes et de l'égalité.

Pour rappel depuis 2018, le harcèlement de rue est condamné par l’outrage sexiste et une amende qui peut aller de 90 à 750 euros.

Article original publié sur BFMTV.com

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