"On nous demande de partir à la guerre à mains nues" : face au coronavirus, les foyers d'accueil médicalisés démunis

Dans ce centre où cohabitent résidents et personnels soignants, l’épidémie a flambé en une semaine.

La colère « est en train d’exploser », dit-elle. Une colère mêlée à un sentiment d’impuissance et à une angoisse sourde. Valérie* est soignante dans un foyer d’aide médicalisée de l’association France Handicap, avenue du Maine à Paris.

En une semaine, dans ce centre où cohabitent résidents et personnels soignants, l’épidémie flambe. Quatre salariés malades en quatre jours. Et coup sur coup, mercredi et jeudi dernier, deux résidents handicapés souffrants des pathologies lourdes ont été pris de fièvres. Hospitalisés en urgence, les deux ont été diagnostiqués Covid 19 vendredi.

"120 à 150 masques par jour"

« L’agence sanitaire de Santé nous a dit qu’il fallait aménager une aile « Covid » et y confiner les prochains malades. Et elle nous a alloué 90 masques qui devraient arriver en début de semaine… », raconte-t-elle. Quatre vingt dix masques, modèle FFP1 à changer toutes les trois heures ! Pour la cinquantaine de soignants du foyer cela fait… trois heures d’autonomie ! « Dans son calcul, l’ARS ne dote en masques que les infirmières et les kinés, mais pas les aides-soignants qui sont pourtant au contact permanent des patients. Comme il y a chez nous quatre infirmières, cela fait dans leur décompte théorique une semaine de masques… », s’étrangle Valérie, effarée de ce calcul d’apothicaire et de cette pénurie incompréhensible.

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