«De quoi demain…»

Libération.fr

Si nous savons contre quoi nous allons voter, il importe aussi de savoir pour qui. Emmanuel Macron propose un «en même temps de droite et de gauche». Mais s’il n’a pas les moyens d’apparaître comme un homme providentiel, à nous d’inventer une nouvelle façon de faire de la politique.

Je reprends un titre de Derrida, emprunté à Victor Hugo (1) : il convient bien pour évoquer ce qui taraude de nombreux électeurs, dans la gauche plus ou moins radicale, au moment d’affronter le «devoir électoral» du second tour. Je ne pense pas lever les incertitudes qui nous bouchent l’horizon. Mais je voudrais tenter, à notre usage commun, de les circonscrire et de les nommer.

Nous savons contre quoi nous allons voter, pourquoi nous le faisons et comment le faire. Sans faux-fuyant, en choisissant l’adversaire de Marine Le Pen, qui porte un nom sur les bulletins : Emmanuel Macron. Ce qui est en cause n’est pas seulement le programme détestable du Front national. Ce sont les effets qu’entraînerait l’arrivée au pouvoir, ou même près de lui, d’un parti néofasciste, issu de l’Algérie française et de l’OAS, fondé sur la dénonciation de l’immigration et la désignation d’un ennemi intérieur : comme en Angleterre après le Brexit, mais à la puissance dix, une vague d’agressions racistes, islamophobes et xénophobes. Un effondrement des valeurs républicaines et des sécurités de la personne. Il ne suffit donc pas que Le Pen perde l’élection, il faut qu’elle subisse une lourde défaite. Ce n’est pas évident.

Il importe aussi de savoir pour qui nous allons voter : un technocrate ambitieux, intelligent mais minoritaire, partisan du néolibéralisme et de la «modernisation» de la société française dans un cadre européen, mis en orbite par un réseau de financiers et de hauts fonctionnaires, soutenu par une génération de jeunes adeptes de la «troisième voie», et qui s’est exprimé clairement sur les crimes de la colonisation. Mais surtout, pour quels effets à venir : comment notre vote affectera-t-il la (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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