Delphine Horvilleur : « On ne meurt pas comme on vit »

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La femme rabbin Delphine Horvilleur, autrice de « Vivre avec nos morts » (Grasset).
La femme rabbin Delphine Horvilleur, autrice de « Vivre avec nos morts » (Grasset).

Elle s'endurcit à force de tragédies. Être femme rabbin consiste à côtoyer la mort au quotidien. Elle accompagne les mourants jusqu'à leurs derniers instants ; elle console les endeuillés ; elle prend la parole lors des enterrements. La répétition amène la relativisation. Elle dit : « Oui, je m'endurcis. » Dans une petite pièce close, face à nous, elle apporte un courant de vie. Son portable vibre, son rire monte, sa voix vrille. Delphine Horvilleur a récemment révisé, avec son fils, la différence entre passé simple et imparfait. « Parce que les gens sont imparfaits, il faut les raconter au passé simple. Ce qui m'interpelle, c'est quand surgit de l'inédit. Le tournant narratif, la rupture d'habitude. La princesse dormait depuis cent ans, quand, soudain, le chevalier entra. On n'a pas fini de dire ce qui pourrait être. Dans les voyages au long cours, l'intérêt réside dans la sortie de route. » La femme rabbin Delphine Horvilleur a connu, début février, une sortie de route. Elle officiait lors de l'enterrement d'une connaissance, morte jeune, pour les membres d'une famille dont elle se sent proche. Tout le monde était effondré. Elle est restée impassible tout au long des obsèques. Un rabbin est là pour incarner plus grand que lui. La tradition est ce qui tient quand plus rien ne tient. À la fin de la cérémonie, au moment où tout le monde s'est dispersé, un homme est allé à sa rencontre : « Cela a dû être difficile pour vous. » Ces mots l'ont mise à nu. Delph [...] Lire la suite

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