Deliveroo, Uber Eats : l’esclavage sympa

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"Depuis la fermeture des restaurants et l’éradication de la convivialité qui est au cœur de la civilisation française, les métropoles ont vu se multiplier ces forçats à vélo ou à scooter, frôlant la mort à chaque instant pour livrer à une cadence effrénée des repas en barquette plastique à des salariés qui, de toute façon, n’auraient pas le temps de faire leurs courses avant le couvre-feu", s'interroge Natacha Polony, directrice de la rédaction de "Marianne".

C’est curieux, cette propension, chez l’être humain, à supporter la réduction en esclavage de son prochain. Évidemment, c’est moins pénible quand ça ne se voit pas. Entendez pénible pour le malheureux qui voudrait pouvoir jouir tranquillement du travail d’autrui sans avoir à porter cette culpabilité qui lui gâche son plaisir. Il est vrai que la modernité technologique a inventé une forme beaucoup plus supportable d’esclavage et que le coronavirus a permis d’en accélérer encore l’extension.Depuis la fermeture des restaurants et l’éradication de la convivialité qui est au cœur de la civilisation française, les métropoles ont vu se multiplier ces forçats à vélo ou à scooter, frôlant la mort à chaque instant pour livrer à une cadence effrénée des repas en barquette plastique à des salariés qui, de toute façon, n’auraient pas le temps de faire leurs courses avant le couvre-feu. C’est formidable, ces petits plats à domicile, qui nous épargnent l’effroyable corvée de faire la cuisine et nous permettent de passer un...

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