"Deepfakes", la traque aux vidéos truquées est ouverte

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Depuis leur apparition en 2018, ces contenus manipulés par intelligence artificielle amusent autant qu'ils inquiètent. Les méthodes de détection, qui reposent elles-mêmes sur des algorithmes, se multiplient.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°893 daté juillet et août 2021.

En ce mois de mars 2021, sur son compte Twitter, Darla n'a de cesse de défendre son employeur Amazon et de critiquer ses collègues, en Alabama (États-Unis), qui tentent de monter un syndicat. Mais le voile est vite levé : ce compte est une parodie signée d'un comédien pour se moquer des tentatives du géant américain du commerce en ligne de délégitimer la création du syndicat avec de faux comptes Twitter d'employés. Et la photo de Darla, jeune femme à lunettes, est un deepfake (un "hypertrucage"), un visage de synthèse créé par intelligence artificielle à partir du site ThisPersonDoesNotExist ("Cette personne n'existe pas").

Analyser les reflets sur l'iris des yeux

Coïncidence, au même moment, des chercheurs de l'université de Buffalo dans l'État de New York (États-Unis) dévoilent un moyen de débusquer automatiquement de tels artifices. Il consiste à analyser les reflets de lumière sur l'iris des yeux. Sur un vrai visage, les deux iris sont similaires, par leur forme comme leur couleur. Pas sur des visages artificiels. Les chercheurs ont d'abord entraîné un algorithme à en reconnaître les caractéristiques sur une base de visages non truqués. Après quoi, de faux visages du site ThisPersonDoesNotExist ont été soumis au même algorithme : celui-ci a su repérer l'artifice dans 94 % des cas.

En analysant les reflets de la lumière dans les yeux, un algorithme est parvenu dans 94 % des cas à diifférencier les visages truqués (les trois portraits de gauche) des vrais (les trois de droite).
En analysant les reflets de la lumière dans les yeux, un algorithme est parvenu dans 94 % des cas à diifférencier les visages truqués (les trois portraits de gauche) des vrais (les trois de droite).

En analysant les reflets de la lumière dans les yeux, un algorithme est parvenu dans 94 % des cas à diifférencier les visages truqués (les trois portraits de gauche) des vrais (les trois de droite). (SHU HUET AL.)

Le procédé ne fonctionne toutefois que sur des visages où les deux reflets apparaissent. Et elle ne permet de s'attaquer pour le moment qu'à des images fixes. "Dans son principe, cette méthode de détection pourra fonctionner aussi sur des vidéos, assure Siwei Lyu, spécialiste en "sciences forensiques" et coauteur de ce projet. Mais les séquences actuelles n'étant pas en haute [...]

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