Déconfinement: Philippe se "contrefiche" des polémiques sur sa relation avec Macron

Astrid de Villaines

Après son allocution présentant le plan de déconfinement du 11 mai, le Premier ministre a critiqué les journalistes politiques qui passent "ne serait-ce que deux secondes" à parler de ce sujet.


POLITIQUE - Cachez ces mauvaises relations que je ne saurais voir. Alors que les tensions entre les deux têtes de l’exécutif se font sentir en pleine crise du Covid-19, Édouard Philippe, ce 7 mai après-midi, était invité à réagir aux articles de presse qui décrivent une relation de plus en plus difficile. 

Alors qu’il présentait en présence d’Olivier Véran, le ministre de la Santé, et de cinq autres ministres-clés de la crise, les derniers détails du plan de déconfinement du 11 mai, Édouard Philippe a d’abord assuré que tout allait bien. “Depuis trois ans qu’il m’a été donné de pouvoir travailler avec le Président de la République, j’ai toujours eu, constaté et pu me réjouir d’une confiance et d’une fluidité qui ont peu de précédents”. 

Demi-sourire et pirouettes

“C’est toujours le cas, j’espère que ça sera toujours le cas et je crois que ça sera toujours le cas”, appuie le Premier ministre, manière de balayer les rumeurs de mauvaise entente. “Et voilà!”, semble-t-il vouloir conclure, dans un demi-sourire.

Il laisse ensuite un silence, bien appuyé à son pupitre et ajoute en levant les yeux au ciel: “Permettez-moi de vous dire que dans les moments que nous vivons, alors que des Françaises et des Français font un travail considérable pour sauver leurs concitoyens, passer plus de deux secondes à écrire, à parler, à s’interroger sur ce genre de sujets me laisse très circonspect”, a-t-il minimisé dans une litote dont il a le secret, et un air qu’on pourrait aisément qualifier d’affligé. 

Il s’est ensuite abrité derrière le sentiment supposé des “Français”, une tactique classique de la communication politique pour évacuer le sujet et quitter la scène: “Je pense que nos concitoyens s’en contrefichent dans des proportions que les journalistes politiques ne mesurent pas. Et je dois vous dire que de ce point de vue là, je me sens très Français”. 

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