À cause de ses voisins, elle doit détruire la maison qu'elle habite depuis 1975

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Le litige entre les voisins dure depuis plusieurs décennies

En cause, un litige qui oppose les propriétaires de cette habitation à leurs voisins depuis plusieurs décennies.

La justice est aveugle, mais cela n'a pas toujours que des bons côtés. Un couple divorcé originaire de Normandie en a récemment fait l'amère expérience, sous la forme d'une décision de justice a priori absurde, mais néanmoins inflexible, qui va les obliger à démolir la maison qu'ils ont légalement achetée à Caudebec-les-Elbeuf (Seine-Maritime) il y a plus de quarante cinq ans, en 1975, et dans laquelle vit toujours Annick, séparée de Jean-Pierre depuis le début des années 2000.

À l'origine de cette étonnante histoire, révélée par Le Journal d'Elbeuf via le site 76actu, un conflit oppose depuis des décennies le couple et leur voisin, pour une raison presque banale. Comme l'explique le média local, ce dernier leur reproche en effet d’avoir "construit une extension de leur maison (...) qui fragilise son habitation mitoyenne".

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Le couple assure que l'extension avait été construite avant leur arrivée

Au terme d'une bataille judiciaire au long cours, le voisin en question a donc fini par obtenir gain de cause. En février 2021, le tribunal de grande instance de Rouen a en effet prononcé son verdict et signifié au couple l'obligation de "reculer leur maison d’1 m 50". "En fait, on va devoir détruire la maison, précise Jean-Pierre. Car dans la partie comprise dans les 1 m 50 se trouvent la chambre, la cuisine, les toilettes."

La stupéfaction est totale pour les époux divorcés, qui ont toujours soutenu que l'extension de la discorde avait été construite avant qu'ils acquièrent la maison. "Elle était déjà là, assure Annick. On a juste rénové une partie de la maison." "On ne comprend pas, renchérit son ex-mari. On nous reproche l’absence d’un permis de construire, mais ce n’est pas nous qui avons construit la maison. On a transféré des preuves, des attestations, des photos, des témoignages…" En vain, donc.

Des amendes en plus de l'obligation de détruire la maison

Les tentatives des anciens époux pour faire annuler la décision de justice ont même fini par se retourner contre eux. Condamnés pour procédure abusive, Annick et Jean-Pierre se retrouvent dans une situation financière délicate. "Avec toutes les amendes que l’on doit payer, notre maison qui n’a plus aucune valeur, énumère Annick, désabusée. Puis nous allons devoir payer des jours-amendes pour chaque jour où la maison n’est pas encore détruite. Cela correspond à 50 € par jour… Et c’est plus que ma retraite."

Pour l'heure, l'urgence pour Annick est surtout de trouver un nouveau logement au plus vite, après avoir vécu au même endroit pendant plus de la moitié de sa vie. "Je me demande où je vais aller, s'inquiète la vieille dame. Je me retrouve virée de chez moi. 45 ans plus tard." La mairie de Caudebec-les-Elbeuf a en tout cas d'ores et déjà annoncé qu'elle allait faire en sorte d'aider Annick à se reloger.

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