Deborah Levy, Prix Femina étranger 2020

Par Sophie Pujas
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L'écrivaine britannique d'origine sud-africaine Deborah Levy en 2014.
L'écrivaine britannique d'origine sud-africaine Deborah Levy en 2014.

Les éditions du Sous-sol avaient déjà obtenu le prix Femina étranger en 2019 pour le formidable Ordesa, de Manuel Vilas. Les voici à nouveau couronnées pour Ce que je ne veux pas savoir et Le Coût de la vie, deux volumes d'une trilogie autobiographique de Deborah Levy, traduits par Céline Leroy.

« Ce printemps-là, alors que ma vie était très compliquée, que je me rebellais contre mon sort et que je ne voyais tout bonnement pas vers quoi tendre, ce fut, semblait-il, sur les escalators des gares que je pleurais le plus souvent. » Ainsi commence cette fulgurante et passionnante introspection, « autobiographie vivante » selon l'autrice, car écrite au fil des jours et non de manière rétrospective. Deborah Levy a alors la quarantaine et son mariage s'est effondré. De cette expérience ordinaire, elle parvient à faire la trame d'un récit passionnant, aussi poétique que drôle et stimulant. C'est tout un chemin vers l'écriture, mais aussi une forme de liberté intérieure, qu'elle retrace au fil des souvenirs, des rêveries sur les artistes aimés et des digressions savoureuses.

Née en Afrique du Sud, elle est la fille d'un militant de l'ANC, qui fut emprisonné, avant que la famille ne puisse quitter le pays pour l'Angleterre. Lectrice de Beauvoir ou de Marguerite Duras, elle interroge la condition de l'autrice, l'importance de questionner les conditions matérielles dans lesquelles un écrivain crée. Féministe, elle met en avant cette manie inculquée aux femmes, surtout pa [...] Lire la suite