A Davos, Ursula von der Leyen présente le Green Deal Européen et affiche son soutien à l'Ukraine

Après deux ans de pandémie, le Forum Economique mondial de Davos a fait son grand retour dans la station suisse, avec pour thème "La coopération dans un monde fragmenté". En cette deuxième journée, les discussions se sont concentrées sur la guerre en Ukraine et l'avenir du commerce mondial après la levée des restrictions en Chine.

Parmi les têtes d'affiche de cette première journée de débats : la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le vice-Premier ministre chinois Liu He ou encore la Première dame ukrainienne, Olena Zelenska.

Soutien indéfectible à l'Ukraine

Dés l'ouverture de son discours, Ursula von der Leyen a assuré le soutien de l'Union Européenne à l'Ukraine: "je peux vous assurer que l'Europe sera toujours à vos côtés. Beaucoup doutaient que ce soutien soit aussi inébranlable. Mais aujourd'hui, les pays européens fournissent de plus en plus d'armes essentielles à l'Ukraine. Nous accueillons environ 4 millions d'Ukrainiens dans nos villes, dans nos foyers et dans nos écoles. Et nous avons mis en place les sanctions les plus fortes jamais vues, qui laissent l'économie russe face à une décennie de régression et son industrie privée de toutes les technologies modernes et critiques."

Pour assurer ce soutien, la Présidente de la Commission européenne a précisé que l'Europe allait fournir une aide financière d’un montant de 3 milliards d’euros, la première tranche du train de mesures de soutien de 18 milliards d’euros pour 2023. Cette aide renforcera la stabilité financière de l’Ukraine, l‘aidera à payer salaires et retraites, et à assurer le fonctionnement des hôpitaux, des écoles et des services d’hébergement.

Accompagner la transition de l'industrie européenne

L'Union européenne va également préparer une loi pour faciliter la transition verte de son industrie, et la soutenir par des aides d'État et un Fonds de souveraineté européen pour empêcher les entreprises de déménager aux États-Unis.

Ursula von der Leyen a déclaré que ces mesures feraient partie du plan industriel Green Deal de l'Union Européenne visant à faire de l'Europe le foyer des technologies propres et de l'innovation industrielle sur la voie de zéro émission nette de CO2 d'ici 2050.

"Nous avons un plan. Un plan industriel pour le Green Deal, pour faire de l'Europe le foyer des technologies propres et de l'innovation industrielle sur la voie du zéro émission. Notre Plan industriel pour le Green Deal couvrira quatre piliers clés : l'environnement réglementaire, le financement, les compétences et le commerce."

L'Union européenne craint que ses entreprises ne se déplacent vers les États-Unis, qui disposent d'un programme de 369 milliards de dollars pour subventionner la production verte. L'Union Européenne s'engage donc à fournir de l'argent à son industrie, a déclaré von der Leyen: "pour que l'industrie européenne reste attrayante, il est nécessaire d'être compétitif par rapport aux offres et incitations actuellement disponibles en dehors de l'Union européenne. C'est pourquoi nous proposerons d'adapter temporairement nos règles en matière d'aides d'État pour les accélérer et les simplifier. Des calculs plus faciles. Des procédures plus simples. Des approbations accélérées."

Protéger les entreprises contre la "concurrence déloyale"

Ursula von der Leyen a également noté que tous les pays de l'Union européenne n'ont pas la même capacité à soutenir leurs entreprises, et que l'utilisation des aides d'État seules pourrait entraîner une concurrence déloyale, une "fragmentation" qui nuirait au marché unique de l'Union européenne. "A moyen terme, nous allons préparer un fonds de souveraineté européen dans le cadre de l'examen à mi-parcours de notre budget qui aura lieu dans le courant de l'année", a déclaré la responsable lors de la première journée de débats organisés par le Forum économique mondial (WEF), sans toutefois préciser comment ce fonds serait financé.

"Il s'agit d'une solution structurelle qui permettra d'accroître les ressources disponibles pour la recherche en amont, l'innovation et les projets industriels stratégiques essentiels pour atteindre l'objectif de zéro émission nette" de CO2, a poursuivi la cheffe de l'exécutif européen. "Mais parce que cela prendra du temps, nous chercherons une solution de transition pour fournir un soutien rapide et ciblé là où il est le plus nécessaire. A cette fin, nous travaillons d'arrache-pied à une évaluation des besoins", a-t-elle ajouté.

L'idée d'un fonds de souveraineté, reposant sur des financements mutualisés à l'échelle de l'Union européenne, avait déjà été formulée par Ursula von der Leyen mais se heurte à l'hostilité de nombreux pays membres, dont l'Allemagne, des contributeurs nets au budget européen inquiets de voir encore enfler leur facture.