La Chine met en garde contre une "nouvelle guerre froide" en ouverture du Forum de Davos

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Le président chinois Xi Jinping a mis en garde lundi contre une "nouvelle guerre froide" et s'est posé en champion du multilatéralisme, à l'ouverture du Forum économique mondial, qui abandonne cette année les neiges de Davos au profit d'un format complètement virtuel.

Sans jamais nommer les Etats-Unis, M. Xi - dont le pays est la seule grande économie à avoir connu la croissance en 2020 - s'est érigé en défenseur du multilatéralisme, comme il l'avait déjà fait face au même forum il y a quatre ans, juste avant l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Son successeur tout juste désigné, le démocrate Joe Biden, ne participe pas à ce rendez-vous annuel de l'élite politique et économique mondiale, se tenant habituellement dans la station de ski suisse de Davos.

"Bâtir des clans ou déclencher une nouvelle guerre froide, rejeter, menacer ou intimider les autres (...), le bouleversement des chaînes d'approvisionnement ou des sanctions afin de provoquer l'isolement ne fera que pousser le monde dans la division et même la confrontation", a averti Xi Jinping.

Et ce alors que l'administration Biden est attendue au tournant sur sa politique face à la montée en puissance économique et technologique de la Chine.

Donald Trump avait opté pour la confrontation ouverte et les attaques verbales - sans résultats tangibles sur l'énorme déficit commercial américain avec la Chine.

Si son successeur s'emploie à défaire une après une les mesures controversées de l'ère Trump, Joe Biden a néanmoins signalé que les Etats-Unis resteraient très attentifs à leurs intérêts.

Il va signer un décret lundi pour inciter le gouvernement fédéral à acheter davantage de biens et services auprès d'entreprises américaines, au risque de crisper certains partenaires commerciaux.

- "immense opportunité" -

De leur côté, les Européens avancent leurs pions.

Le ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier a défendu lundi lors d'une table-ronde l'accord de principe controversé conclu fin décembre entre l'Union européenne et la Chine afin d'ouvrir le gigantesque marché chinois aux entreprises européennes, et vice-versa.

Cet accord ne fait que "répliquer de nombreuses dispositions que les Etats-Unis avaient déjà avec la Chine", a-t-il fait valoir. Le patron de Volkswagen, Herbert Diess, a rappelé que la Chine, où le constructeur possède plusieurs usines, représentait une "immense opportunité" pour les entreprises européennes.

Pourtant, l'accord est critiqué par des députés européens et des ONG qui estiment qu'il devrait être subordonné à la ratification par Pékin des conventions internationales interdisant le travail forcé.

- 2021, "année de la reprise" -

Réagissant au discours du président chinois, Kenneth Roth, le directeur de l'ONG Human Rights Watch, a jeté un froid en estimant sur Twitter que Xi Jinping "promeut la coopération internationale sur le Covid-19 pour autant qu'elle n'implique pas qu'une enquête soit menée sur le fait que la transmission interhumaine du virus a été cachée pendant trois semaines, ce qui a conduit à sa dissémination à toute la planète".

Lors de l'édition 2020 du World Economic Forum (WEF), l'apparition en Chine d'une mystérieuse pneumonie ne suscitait encore qu'une vague inquiétude.

Un an plus tard, le monde est toujours aux prises avec une pandémie qui a déjà tué plus de 2 millions de personnes, et fait perdre 225 millions d'emplois selon l'Organisation internationale du travail - ce alors que les grandes fortunes mondiales n'y ont pas laissé une plume, a dénoncé l'ONG Oxfam.

L'optimisme qui a prévalu en novembre quand les vaccins sont devenus réalité n'est plus de mise, avec l'imposition de nouvelles restrictions, la progression de variants du coronavirus et des retards qui s'accumulent dans la livraison des précieux flacons.

Pourtant, la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde a assuré que 2021 serait "l'année de la reprise". Certes, elle sera sans doute "un peu retardée, mais elle ne devrait pas dérailler".

Parmi les autres sujets abordés lors de cette première journée, la taxation des géants du numérique, priorité affichée de la France, qui a déjà mis en place une "taxe Gafa" à son échelle - provoquant une crise diplomatique avec les Etats-Unis.

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire s'est félicité du ton plus conciliant de la nouvelle administration Biden sur le sujet global de la taxation des entreprises, en espérant la conclusion d'un accord "d'ici la fin du printemps 2021" dans le cadre de l'OCDE.

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