Darmanin veut permettre aux travailleurs immigrés de demander eux-mêmes leur régularisation

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin est revenu à Lyon pour rencontrer le maire écologiste Grégory Doucet et faire le point sur l'action de la police dans la troisième ville de France - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin est revenu à Lyon pour rencontrer le maire écologiste Grégory Doucet et faire le point sur l'action de la police dans la troisième ville de France - Ludovic MARIN © 2019 AFP

L'annonce a été faite lors d'uen audition par la commission des lois de l'Assemblée nationale. Ce mardi, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a proposé un changement législatif pour que les travailleurs immigrés puissent demander eux-mêmes leur régularisation, reconnaissant par ailleurs lors d'une audition parlementaire l'"absurdité administrative" à laquelle fait face cette main d'oeuvre étrangère.

"Je ne trouve pas normal que seul l'employeur puisse demander la régularisation de la personne qui travaille pour lui", a déclaré Gérald Darmanin devant les députés, auprès de qui il a présenté sa feuille de route sur les sujets sécuritaires et migratoires.

"C'est un rapport de force qui n'est pas positif pour le salarié. Si on change la loi, ce sera une bonne chose", a-t-il ajouté, alors qu'un projet de loi sur l'asile et l'immigration doit être déposé en janvier.

Pas de régularisation collective

Les syndicats et les défenseurs des étrangers demandent de longue date une réforme des procédures de régularisation pour que les employeurs ne soient pas les seuls à pouvoir déposer ces dossiers, ce qui crée une relation de dépendance et de subordination entre le travailleur et son patron.

Le ministre de l'Intérieur a relevé, devant la commission des lois, le "peu de cas que font certains employeurs des personnels immigrés qu'ils recrutent."

"Nous avons à améliorer (...) l'intégration des personnes qui travaillent sur le sol de la République et qui sont soumises à une absurdité administrative de la part du fonctionnement administratif du ministère de l'Intérieur", a-t-il aussi reconnu.

Gérald Darmanin a toutefois balayé la possibilité d'une "régularisation collective", préférant l'étude au cas par cas de "régularisations individuelles".

"Ma ligne, que je porte dans le texte immigration (à venir), c'est que nous soyons durs avec les personnes qui sont (des) étrangers délinquants et que nous puissions régulariser et aider ceux qui veulent travailler et respectent les lois de la République", a-t-il encore déclaré.

En annonçant qu'un projet de loi sur l'asile et l'immigration sera déposé début 2023, le président Emmanuel Macron a expliqué la semaine dernière vouloir mettre fin à une "politique absurde" qu'il a jugée à la fois "inefficace et inhumaine".

Article original publié sur BFMTV.com