Darknet, Anonymous, Starlink, VPN… Comment l’Ukraine lutte sur le cyberespace

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Pour se défendre contre les coupures d'Internet et la censure de la Russie, l'Ukraine utilise tous les moyens possibles : Darknet, Starlink, VPN, mais aussi l'aide d'Elon Musk avec Starlink ainsi que celle du collectif Anonymous, comme nous l'explique la spécialiste du sujet Ksenia Ermoshina dans une interview.

Débutée le 24 février 2022, l’invasion à pleine échelle de l’Ukraine par la Russie se déroule à la fois sur le terrain mais aussi dans le cyberespace... Ksenia Ermoshina est chargée de recherche au Centre internet et société du CNRS. Son travail se situe au croisement de plusieurs disciplines, mêlant sciences politiques, sociologie des sciences et techniques et métrologie des réseaux. Elle analyse les infrastructures de communication et plus spécifiquement comment l'occupation d'un territoire peut influencer les méthodes de communication. Elle travaille plus particulièrement sur le cas de l'Ukraine depuis l’annexion de Crimée en 2014.

Sciences et Avenir : Quel éclairage vos travaux sur la Crimée peuvent-ils apporter sur la guerre en Ukraine de 2022 ?

Ksenia Ermoshina : La Crimée a été prise par les Russes il y a 8 ans maintenant . En cela, c'est une sorte d'avant-poste pour constater ce qui pourrait se passer en Ukraine si le pays perd la guerre contre la Russie, une sorte de “laboratoire” si on peut le dire. Analysant la transition de la Crimée sous contrôle russe on peut observer le rétrécissement progressif des droits et libertés civiques et numériques. En Crimée, la presse libre est partie entre 2014 et 2015 de la péninsule, au même moment que les opposants politiques. Une douzaine de journalistes ukrainiens continuait à aller sur place pour couvrir certains événements en tant que réportaires en freelance, mais l’entrée sur le territoire leur a été progressivement interdite par le FSB russe. La Crimée s’est plongée progressivement dans une certaine isolation informationnelle. Les 111 fournisseurs d’accès Internet criméens recensés dans mon enquête en 2018 passaient presque tous par Miranda Media, une filiale de Rostelecom, une entreprise russe de télécommunications. Alors que l’analyse des données de routage entre 2008 et 2018 avait montré que ces opérateurs avaient un accès beaucoup plus décentralisé aux réseaux internationaux avant l’annexion. Cette monopolisa[...]

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