Darfour: le Soudan va coopérer avec la Cour pénale internationale sur le cas Ali Kushayb

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Le Soudan a signé pour la première fois ce dimanche 14 février, un accord formel encadrant sa coopération avec la Cour pénale internationale (CPI). Il a été conclu en vue du procès d'Ali Mohamed Ali Abdelrahman, dit Ali Kushayb, l'homme qui servait d'intermédiaire entre le gouvernement d'Omar El-Béchir et les milices janjawid entre 2003 et 2004, pendant le conflit dans le Darfour.

Il s'agit de la conclusion attendue de la visite historique à Khartoum, en octobre dernier, de Fatou Bensouda, la procureure sortante de la CPI.

Même si au bureau de Fatou Bensouda, on explique qu'il est convenu avec Khartoum que les détails de l'accord ne seront pas rendus publics, on indique néanmoins qu'il permettra au bureau du procureur de « travailler efficacement » sur le cas du chef janjawid Ali Kushayb, dont l'audience de confirmation des charges, initialement prévue lundi prochain, le 22 février, doit désormais se tenir à La Haye le 24 mai. Une source au bureau du procureur de la CPI indique que cet accord ne concerne que ce cas-là. « Pour les autres, on verra plus tard », précise cette source.

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Ali Kushayb s'était rendu en juin dernier, alors qu'il s'était réfugié en République centrafricaine après la chute d'Omar El-Béchir. Il est inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Selon un bon connaisseur de la justice internationale, l'accord avec Khartoum prévoirait un accès facilité au Soudan pour les collaborateurs de la CPI et un cadre juridique pour le travail en commun. Cet observateur explique que la procureure souhaitait probablement éviter un écueil récurrent de la justice internationale dans ses relations avec les gouvernements. Le risque, explique-t-il, était que la CPI soit contrainte d'épargner des acteurs étatiques, en contrepartie de l'avancée d'un cas individuel.