Daniel Lindenberg, pourfendeur des néo-réacs

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Daniel Lindenberg, pourfendeur des néo-réacs

Il avait inventé l'idée des «nouveaux réactionnaires». Il est mort ce vendredi à 77 ans.

C’est par un court et percutant essai que l’homme a déclenché l’une des polémiques intellectuelles les plus âpres de ces quinze dernières années : le Rappel à l’ordre, sous titré : Enquête sur les nouveaux réactionnaires hante encore aujourd’hui le débat public. L’historien des idées Daniel Lindenberg est mort ce vendredi à 77 ans. Il avait publié son essai en 2002, au lendemain de la défaite de Lionel Jospin et de l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. Il y pointait ces intellectuels et pamphlétaires passés de gauche à droite, comme Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet ou Pierre-André Taguieff. «Un réactionnaire, c’est quelqu’un qui pense que c’était mieux avant. Un nouveau réactionnaire, c’est quelqu’un qui, n’ayant pas montré jusque-là une telle attitude, commence brusquement ou subrepticement à penser ainsi», expliquait-il à Libération en 2002. Il précisait que ces nouveaux réacs ne formaient ni une école, ni un complot, ni un retour aux années 30. «Mais il y a une sensibilité commune : un air du temps les réunit, une humeur chagrine face à la modernité.» Seize ans plus tard, l’étiquette garde sa pertinence. Les nouveaux réacs, il est l’un de ceux qui les avaient cernés en premier.

Né en 1940 à Clermont-Ferrand de parents juifs polonais, Daniel Linderberg a le parcours d’un intellectuel marqué par 1968, la gauche marxiste et critique, mais aussi le judaïsme laïc et progressiste. Compagnon de route de la revue Esprit, il était professeur de science politique à Paris-VIII. Ancien communiste et maoïste, il s’est peu à peu attaché à penser une tradition socialiste non marxiste et non radicale.

Droitisation du débat d’idée français

Au moment où il publie le Rappel à l’ordre au Seuil, dans la collection «La République des idées» dirigée par Pierre Rosanvallon, il est membre du PS, jospiniste, conseiller de la revue Esprit. Si aujourd’hui sa formidable (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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