Le Danemark va rejoindre la défense européenne

Photo Martin Sylvest/AFP

Longtemps considérés comme l’un des peuples les plus eurosceptiques du bloc, les Danois semblent désormais vouloir “plus d’Europe”, remarque la Süddeutsche Zeitung. Trois mois après le début de l’offensive russe en Ukraine, ils ont dit ja (oui) mercredi, à une “écrasante majorité” – 66,9 % –, à la participation de leur pays à la politique de sécurité et de défense commune de l’Union européenne (UE), lors d’un référendum, rapporte The Guardian.

État membre de l’UE depuis 1973, le Danemark avait rejeté à 50,7 % en 1992 le traité de Maastricht. Pour lever le blocage – qui menaçait l’entrée en vigueur du traité fondateur dans toute l’UE –, Copenhague avait obtenu une série d’exceptions, baptisées opt-outs (options de retrait) dans le jargon européen, et le pays avait finalement dit oui lors d’un nouveau scrutin l’année suivante. Parmi ces dérogations : la non-participation du Danemark à la politique de défense de l’UE, rappelle Slim Allagui, le correspondant du Temps à Copenhague.

Deux semaines après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, avait annoncé un accord avec la plupart des partis du Parlement pour soumettre la fin de l’exception à un référendum. Le Danemark “a beau être l’un des membres les plus eurosceptiques de l’UE, l’invasion russe de l’Ukraine a changé la donne”, explique Slim Allagui. “En ces temps si incertains et avec un Poutine imprévisible, il est important que nous soyons solidaires et unis en Europe”, a notamment expliqué au reporter Alexander Sillehoved, directeur d’une compagnie maritime de la capitale danoise, interrogé le jour du référendum.

Les Russes, des “voisins imprévisibles”

À 160 kilomètres de Copenhague, sur l’île de Bornholm, en mer Baltique, la plus exposée à une éventuelle attaque russe, le sentiment” de “crainte” est “bien présent”, note le correspondant du Temps. “Les Russes, qui ont bombardé Bornholm pour en déloger les Allemands et l’ont occupée pendant près d’un an [pendant la Seconde Guerre mondiale], ont laissé des souvenirs douloureux. Près de quatre-vingts ans après, les insulaires sont toujours marqués et préoccupés par leurs voisins imprévisibles”, lui a expliqué l’historien et directeur du Bornholms Museum, Jacob Bjerring-Hansen. Ce dernier relativise toutefois le résultat du référendum : “Les gens misent davantage sur le parapluie protecteur de l’Otan que sur la défense européenne pour se protéger des Russes”, note-t-il.

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