Au Danemark, les étudiants sont payés pour aller en cours

Au Danemark, les étudiants sont payés pour aller en cours (Crédit : Getty Images) (Getty Images/iStockphoto)

Et si le Danemark était le paradis sur terre pour les jeunes adultes ? Dans ce pays, les étudiants sont rémunérés pour étudier.

Son modèle social, fondé sur une forte cohésion sociale, fait des envieux dans le monde entier. À l’heure où en France des milliers d’étudiants doivent faire la queue pour recevoir de la nourriture, le Danemark prend soin de ses futurs actifs. Depuis 1970 et le lancement du système de "soutien à l’éducation par l’État" ("SU" en danois), les jeunes Danois perçoivent une sorte de revenu universel pouvant grimper jusqu’à 850 euros par mois (avant impôts). Pour bénéficier de ce coup de pouce, plusieurs conditions sont requises : ne plus vivre chez ses parents et être inscrit, et bien sûr assidu, à une formation dans l’enseignement supérieur.

Au total, l’étudiant dispose de 70 "bons mensuels", à utiliser tout au long de la vie. Le temps suffisant pour décrocher un Master puisque ce revenu est alloué pendant une durée de presque six ans. Lancée il y a cinquante ans, la loi adoptée le 28 mai 1970 voulait à tout prix que "nul ne soit empêché pour des raisons financières d’obtenir l’éducation qu’il souhaitait et dont il était capable". Mais ne pensez pas que ce mode de fonctionnement favoriserait l’oisiveté puisque la majorité des étudiants ont en plus un job étudiant à côté.

Le "SU" représente 1% du PIB danois

Là où dans la plupart des pays au monde les jeunes dépendent de leurs parents pour poursuivre leurs études, le Danemark a fait le choix de faire peser cette responsabilité sur l’État. "On se libère de ses parents car l’État nous finance pour étudier. Cette aide nous permet de choisir notre voie et de décider ce que l’on veut vraiment faire dans la vie", argumente Thomas, 32 ans, dans l’émission "Nous, les Européens". Le trentenaire, aux origines modestes, a pu se concentrer sur ses études et obtenir un doctorat en mathématiques grâce à cette solidarité danoise. Selon sa mère, il aurait été "impossible" pour son fils de réussir sans cette aide mensuelle. "Personne n’est allé à l’université dans la famille avant Thomas. C’est un enrichissement pour le pays, les gens deviennent intelligents. Former de jeunes étudiants grâce au ‘SU’, ça sert à toute la société", ajoute cette ex-femme de ménage.

Si le "SU" est considéré comme l’un des systèmes d’aide aux étudiants les plus généreux de la planète, son fonctionnement coûte évidemment très cher. Allouer un revenu mensuel à plus de 470 000 étudiants représente une dépense de 2,7 milliards d’euros par an, soit environ 40% du budget de l’Éducation nationale et 1% du PIB.

VIDÉO - "Les étudiants sont dans une précarité structurelle"