Damso Le diable noir

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Digne successeur de Booba pour certains, auteur sulfureux de textes misogynes et obscènes selon d’autres, le rappeur belge sort ce vendredi «Lithopédion», un troisième album sombre qui explore les vices et autres maux du monde.

Tout arrive. Damso s’apprête à «lire Simone [de Beauvoir, ndlr]». Le rappeur belge - qui a vu ses textes taclés pour leur misogynie comme Orelsan avant lui, les rappeurs Médine (sur la laïcité) et Niska aujourd’hui - a placé le Deuxième Sexe en haut de la pile de ses lectures à venir. «J’ai acheté dix bouquins écrits par des femmes, sur le féminisme en général.» Il nous les montre sur son portable. Il y a pêle-mêle : De la marge au centre de Bell Hooks, Beauté fatale de Mona Chollet, King Kong théorie de Virginie Despentes, Féminismes islamiques, ouvrage collectif dirigé par la sociologue Zahra Ali, et un Hannah Arendt. A force d’être attaqué pour la supposée cruauté de sa pensée et le mauvais esprit avéré de ses textes salaces, le rappeur belge a visiblement décidé de prendre le taureau par les cornes pour mieux répondre aux polémiques futures, lui qui craint par-dessus tout que l’on vienne déformer ses propos, sortir ses textes de leur contexte pour servir un débat à multiples entrées.

Que ses détracteurs d’hier soient rassurés, Lithopédion, son nouvel album, est toujours aussi garni de mauvais esprit et de punchlines crues. Il ne calmera ni les sceptiques qui considèrent que le rap n’est digne que quand il ressemble à du Bigflo et Oli, ni les bien-pensants qui avaient fait rimer son album précédent, Ipséité, avec obscénité. Malgré les critiques à son endroit, ce même Ipséité, second album que lui-même considère comme le premier, avait rassemblé un public protéiforme (470 000 ventes), allant du gamin de primaire à une frange non négligeable d’auditeurs sous intraveineuse de France Inter qui voient en Damso un successeur de Booba, dont il a rejoint l’écurie sous le label 92i.

«Traumatisme»

Lithopédion, qui sort ce vendredi, est attendu comme (...)

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