Notre-Dame de Paris : "Tout le monde veut tenir le calendrier"

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Jonathan Truillet est conservateur en chef du patrimoine et directeur adjoint au sein de l'établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il a répondu aux questions de Sciences et Avenir.

Cette interview est issue du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°890 daté avril 2021.

Quand le chantier de Notre-Dame de Paris prendra-t-il fin ? Jonathan Truillet, conservateur en chef du patrimoine et directeur adjoint au sein de l'établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, a répondu aux questions de Sciences et Avenir.

Sciences et Avenir : Où en est-on de la phase de sécurisation ?

Jonathan Truillet : Elle touche à sa fin. Elle a commencé immédiatement après l'incendie et doit se terminer cet été. C'était une étape complexe et délicate. À présent, nous entamons les derniers travaux de consolidation des voûtes. Après les avoir renforcées par le dessus, nous posons de grands cintres en bois réalisés sur mesure, pour les soutenir par le dessous. Ces voûtes sont encore très fragiles. Encore récemment, des chutes ponctuelles de pierres nous l'ont montré…

En quoi ce chantier est-il hors norme ?

Il l'est à bien des égards ! Par son ampleur, sa complexité technique mais aussi par le nombre d'acteurs qu'il rassemble. Rien que pour la partie recherche, une centaine de structures publiques et privées travaillent actuellement de concert. Dès le lendemain de l'incendie, beaucoup de scientifiques se sont mobilisés et ont fini par s'organiser en huit groupes thématiques : sur le bois, la pierre, les métaux, le verre… C'est une première sur un chantier de monument historique. Les vestiges devaient être triés afin de ne pas reproduire les erreurs du passé (voir encadré ci-dessous). En l'occurrence, se débarrasser trop tôt de débris qui auraient pu faire avancer la science et servir la restauration. Ce travail de tri n'a pas été fait, par exemple, au palais du Parlement de Bretagne à Rennes, qui a subi un incendie en 1994.

Sera-t-il achevé pour avril 2024 ?

Disons que c'est notre objectif. La recherche est par nature un travail de long terme, alors que les travaux de restauration en général s'inscrivent dans [...]

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