A Dakar, la frénésie immobilière réduit sans cesse l'accès au littoral

Jacques Deveaux

Connaissez-vous le filao ? C'est un arbre utilisé pour fixer les dunes de sable et faire barrière au vent. Il résiste au sel et pousse là où peu d'espèces survivent aux conditions difficiles. Près de 10 000 hectares de filaos ont été plantés sur le littoral sénégalais depuis 1948. Une étroite bande forestière qui court de Dakar à Saint-Louis, à la fois brise-vent et rempart contre l'érosion.

"Au décor de la bande des filaos, il faut ajouter les arbres à terre. L'on imaginerait qu'un phénomène naturel en serait à l'origine. Loin de là. Ils ont été abattus par des humains", affirme le journal sénégalais Sud Quotidien dans un périple "état des lieux" de Dakar et sa banlieue. Une dose d'incurie, une autre de rapine et, surtout, une soif de terrains pour construire, explique ce triste constat.

Dakar, comme tant de villes africaines, voit sa population croître sans cesse, conséquence de l'exode rural. Les plus huppés veulent une vue sur mer. Alors on terrasse, on pousse à la mer sans vergogne les remblais au détriment des plages et on coupe les arbres. Et quoi de mieux pour s'étendre que de grignoter le capital commun ?

Le littoral privatisé

"Le déclassement abusif des terres du littoral, domaine public maritime, et leur attribution à des personnes physiques et (...)

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