D'Ajaccio à Toulouse, l'art s'empare de tous les espaces urbains depuis la fermeture des musées

Aucune date précise de réouverture des musées n'est pour l'instant prévue. Alors, l'art se réinvente. Dans les rues, aux stations de bus, dans les vitrines des magasins, l'Hexagone prend des allures de musée à ciel ouvert. À Ajaccio, l'art malgré tout ! "En attendant, on fait comme on peut", c'est le mot d'ordre d'un collectif d'artistes à Ajaccio qui tente de faire vivre la culture en ces temps difficiles. Il a affiché aux murs la reproduction de 36 tableaux célèbres. Une opération réalisée en toute discrétion au petit matin. "On essaie de faire le plus vite possible mais que ça soit beau aussi", confie un membre du collectif. Située rue Saint Roch à deux pas du musée Fesch, l'exposition sauvage cache en réalité une certaine logique. Les premiers tableaux comme Le cri d'Edvard Munch, représentent les difficultés actuelles que sont le confinement et les nombreuses restrictions. "Ça n'est pas un message politique, je pense que tous les États et gouvernements font comme ils peuvent et nous aussi, de notre côté, on fait comme on peut, c'est une démarche citoyenne", assure encore l'artiste-colleur.À Toulouse, l'art s'expose en vitrine Dans la ville rose, la situation du collectif Mixart Myrys est toujours dans l'impasse. Depuis deux mois, leur lieu de création fait l'objet d'une fermeture administrative pour des raisons de sécurité incendie. Pour alerter sur leur situation et soutenir les établissements fermés, ses artistes organisent une exposition sauvage dans des magasins et cafés du centre-ville. "J'ai eu envie d'envahir la ville d'art pour montrer la puissance de création qui nous tient aux tripes que rien ne peut museler", rapporte la plasticienne Annlor. Une vingtaine de devantures participent au parcours artistique. À Besançon, les musées descendent dans la rue Lassées de rester dans le noir, sans visiteur, les œuvres des musées de Besançon s'offrent une escapade dans les rues de la ville. Des silhouettes sorties des tableaux retrouvent ainsi le public privé d'exposition depuis l'automne. "Le musée, j'ai besoin d'y aller au moins une fois par mois, je me pose devant une œuvre et je regarde pendant des heures", confie une passante. Cette initiative montée par les salariés des lieux d'exposition de la ville correspond à un besoin essentiel pour tous ces passionnés. "On a recréé une sorte de musée de plain-pied, qui surprend et qui ressemble à un jeu de piste", explique Nicolas Surlapierre, directeur des musées du centre.À Deauville, un couvent des franciscaines dédié à la culture Dans la cité balnéaire du Calvados, un nouvel espace permanent d'art et de culture voit le jour dans un site particulièrement insolite. Désormais, l'ancien couvent des franciscaines fait rimer le spirituel avec le culturel. Site d'expositions temporaires, mais aussi musée permanent dédié au peintre André Hambourg, les Franciscaines de Deauville accueilleront également des spectacles dans l'ancienne chapelle transformée en auditorium. Première visite en avant-première en attendant la réouverture.