Pas d’interdiction de la chasse mais une application ? L’idée du gouvernement ne convainc pas grand monde

Un chasseur photographié le  5 novembre à Jurvielle en Haute-Garonne (illustration)
LIONEL BONAVENTURE / AFP Un chasseur photographié le 5 novembre à Jurvielle en Haute-Garonne (illustration)

POLITIQUE - C’est ce qui s’appelle manquer sa cible. Invité à se pencher sur l’hypothèse d’une interdiction dominicale dans le cadre du plan visant l’objectif « zéro accident » de chasse, le gouvernement a annoncé le lancement d’une application. « Suricate », son nom selon Le Figaro, doit permettre aux chasseurs de signaler leur position afin que les promeneurs puissent adapter leurs déplacements en fonction.

Un dispositif parmi d’autres (création d’un délit d’alcoolémie, certificat d’aptitude etc.) qui fait déjà hurler les écologistes. « Une appli ? C’est une blague », a réagi l’élue EELV Sandrine Rousseau, favorable à une interdiction. « Vraiment, Le Gorafi, vous êtes totalement dépassés par la réalité », a renchéri sa collègue Sandra Regol, avant d’ajouter : « les victimes rassemblées dans [le collectif] ’Un jour un chasseur’ doivent apprécier ».

« J’espère que c’est une erreur », a réagi le patron du groupe écolo au Sénat, Guillaume Gontard, en interpellant Bérangère Couillard, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires chargée de l’Écologie. « Tout le monde connaît le caractère aléatoire de ce type d’application qui donne une fausse idée de sécurité et est au final dangereuse. Si vous écoutiez les Français ? Huit sur 10 sont favorables à l’interdiction de la chasse le dimanche », a-t-il poursuivi.

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Si — sans surprise — les élus favorables à une interdiction dominicale expriment leur scepticisme, la mesure laisse aussi dubitatif Willy Schraen, président de la Fédération nationale des Chasseurs. Interrogé sur franceinfo, l’intéressé a trouvé cette idée « ridicule », du moins dans la version proposée par le gouvernement.

« Il faut plutôt faire une application où sont cartographiés les territoires sans chasse. Une cartographie, c’est différent d’une application, surtout quand la moitié du territoire rural n’est même pas couverte par internet », estime Willy Schraen.

Détail amusant, l’initiative ne convainc guère le jeune ingénieur Guillaume Rozier, annoncé comme futur « conseiller data » à l’Élysée. « Le numérique peut apporter de formidables solutions à de nombreux problèmes… mais pas à tous », a jugé sur Twitter le fondateur de CovidTracker, considérant « utopiste » de « demander aux chausseurs de signaler leur position en permanence ».

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Selon un sondage Ifop mené à la mi-décembre auprès de 1 000 personnes pour le compte de diverses associations de protection de l’environnement, près de 8 Français sur dix (78 %) sont favorables à un « dimanche non chassé » (sondage avec 2,5 points de marge d’erreur).

Le nombre des accidents de chasse est tendanciellement à la baisse depuis 20 ans, selon l’OFB. Néanmoins, pour la saison 2021/22, 90 accidents (blessures corporelles liées à l’utilisation d’une arme de chasse) ont été recensés, contre 80 la saison précédente. Parmi eux, huit accidents mortels, dont deux concernant des non-chasseurs.

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