D’anciens virus referont-ils surface avec le réchauffement climatique ?

Nathalie Mayer, Journaliste

La planète entière tremble sous la menace du nouveau coronavirus apparu il y a quelques jours en Chine. Et la découverte de chercheurs dans les glaces de l’Himalaya n’est pas faite pour nous rassurer. Plusieurs virus jusqu’alors inconnus ont été mis au jour. Volontairement, cette fois, et sous contrôle. Mais le réchauffement climatique et la fonte des glaces ne risquent-ils pas de bientôt changer la donne ?

C’était en 2015. Il y a 5 ans déjà. Une équipe de chercheurs américains et chinois partait pour le Tibet. Objectif : forer les glaciers de l'Himalaya pour analyser ensuite les carottes ainsi extraites à la recherche des bactéries et autres virus qu’elles pourraient renfermer. Dans une pré-édition de leur article, on apprend qu’ils ont ainsi mis au jour pas moins de 33 virus dont 28 jusque-là inconnus de la science.

Ils ont été découverts dans une glace vieille de pas moins de 15.000 ans. À quelque 50 mètres de profondeur. Et pour s’assurer que ces échantillons ne soient pas contaminés par leur exposition à l’air moderne, les chercheurs ont suivi des protocoles très précis et rigoureux. D’autant que les concentrations en micro-organismes anciens dans de telles carottes sont extrêmement faibles par rapport à celles de l’environnement actuel. Les chercheurs ont ainsi été conduits à établir de nouvelles procédures d’échantillonnage ultra-propres applicables aux virus.

Il leur aura fallu s’installer dans une chambre froide portée à moins 5 °C et scier la couche la plus extérieure des carottes — soit une épaisseur de 0,5 cm — à l’aide d’une scie à ruban stérilisée. Puis, les carottes ont été lavées à l’éthanol afin de faire disparaître encore une autre couche probablement contaminée de 0,5 cm. Et les 0,5 cm suivants ont été nettoyés à l’eau stérile.

Pour les chercheurs, c’est sans grande surprise qu’ils ont alors mis au jour plusieurs virus jusqu’alors inconnus. Des virus assez différents d’une carotte à l’autre — l’une datant de 15.000 ans, l’autre de seulement 520 ans. Des différences sans doute révélatrices de conditions climatiques, elles aussi, dissemblables au moment de leur dépôt. Des différences qui fournissent donc des informations importantes aux chercheurs sur la manière dont les virus peuvent prospérer ou non en fonction des conditions environnementales.

> Lire la suite sur Futura

Ce contenu peut également vous intéresser :