La détention du principal opposant de droite plonge la Bolivie dans le chaos

“Los Tiempos”

Un mois à peine après la fin des manifestations qui ont secoué la région de Santa Cruz, en octobre et en novembre derniers, la Bolivie replonge dans la crise.

Le mercredi 28 décembre, l’arrestation surprise de Luis Fernando Camacho, le gouverneur de cette région de l’Est et l’un des principaux opposants au gouvernement de gauche radicale du président Luis Arce (MAS, Mouvement vers le socialisme), a provoqué des troubles importants.

“Santa Cruz s’enflamme après la détention de Camacho”, écrit le quotidien de centre droit Los Tiempos en titre d’un de ses articles :

“Le chaos s’est emparé de la ville. […] Une partie de la population a commencé à bloquer les rues et les avenues pour exiger la libération du gouverneur.”

Le siège du parquet régional a été incendié, celui de la police détruit “par des dizaines de jeunes”. Les deux aéroports de la ville ont été assaillis par les manifestants, tout comme les principales routes d’accès à la région.

La ville de Santa Cruz est la plus peuplée du pays et sa véritable capitale économique. Le jeudi 29 décembre, le Comité pro-Santa Cruz, association de défense des intérêts de la région, devait y convoquer une assemblée populaire pour décider de la poursuite des manifestations.

Accusé de “coup d’État”

Luis Fernando Camacho a été transféré par hélicoptère à La Paz, capitale administrative et siège du gouvernement, où un procureur l’a accusé de terrorisme pour la préparation présumée d’un coup d’État et a demandé une détention préventive de six mois. Camacho avait participé aux grandes manifestations populaires de 2019 qui avaient chassé du pouvoir le président Evo Morales, fondateur du MAS, poussé à l’exil. Ce dernier est, depuis, revenu au pays.

Jeanine Áñez, la présidente intérimaire qui avait succédé à Evo Morales durant un an, a elle-même été condamnée à dix ans de prison pour avoir pris part à ce coup d’État.

Sur son compte Twitter, l’ancien président – toujours homme fort – s’est félicité de l’arrestation du gouverneur de Santa Cruz :

“Finalement, après trois ans, Luis Fernando Camacho devra répondre de ses actes pour le coup d’État qui a provoqué des persécutions, des arrestations et des massacres par le gouvernement de facto.”

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