Désormais à l'OMS et retirée de la vie politique, Buzyn revient sur ses déboires de 2020

Jules Pecnard
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Éloignée de la sphère publique depuis l'été, Agnès Buzyn a enfilé une nouvelle casquette, démarré un nouveau chapitre de sa carrière. Lundi 4 janvier, l'ex-ministre des Solidarités et de la Santé d'Emmanuel Macron est devenue membre du cabinet du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, rapporte L'Opinion ce mardi

Interrogée par le journal fin 2020, celle qui fut bombardée candidate de La République en marche à la mairie de Paris après le crash de Benjamin Griveaux offre quelques éclairages sur ses tiraillements de l'époque. De son départ du ministère mi-février à sa défaite en juin, Agnès Buzyn n'a cessé, dit-elle, de porter un regard lucide sur la pandémie de Covid-19 qui s'est brutalement amorcée.

"J’entendais les experts internationaux dire que la crise pouvait être circonscrite. D’ailleurs l’European center for disease control ( Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, NDLR) estimait que le risque était faible à l’époque. J’avais à concilier mon intuition et l’ensemble des affirmations des experts et des institutions", raconte-t-elle.

"Transparente et sincère"

Revenant sur sa campagne municipale organisée en catastrophe, condamnée quasiment d'emblée au baroud d'honneur, Agnès Buzyn assume ses confessions auprès du Monde, dans lesquelles elle qualifiait le scrutin de "mascarade". Un propos qu'elle a été contrainte de contextualiser, le second tour n'ayant pas encore eu lieu.

"Je suis transparente et sincère comme un livre ouvert. Mes convictions me portent au-delà de mes émotions. Je pensais que les Français souhaitaient des hommes et des femmes politiques différents, à la fois empathiques, sensibles et déterminés et je continue à le penser", se défend-elle aujourd'hui.

Salomon, "quelqu'un d'exceptionnel"

Du fait de la "campagne de dénigrement" dont elle estime avoir fait l'objet durant l'entre-deux tours prolongé, elle reconnaît s'être posée "la question" de sa participation au second.

"Mais je décide d’y aller. Ne pas finir ce sur quoi je me suis engagée ne me ressemble pas. Mon handicap aura été de ne pas pouvoir parler de la gestion de la crise car je devais réserver mes déclarations aux parlementaires", explique la prédécesseur d'Olivier Véran.

Les parlementaires l'ont en effet auditionnée au sujet de la crise sanitaire, d'abord à l'Assemblée nationale puis au Sénat. Tout comme un autre personnage de premier plan, le directeur général de la santé Jérôme Salomon, depuis soupçonné d'avoir fait pression pour commander un stock insuffisant de masques deux ans avant la pandémie. Agnès Buzyn défend toujours bec et ongles son ancien bras droit.

"C’est quelqu’un d’exceptionnel, un grand infectiologue, un très bon scientifique. Il travaille jour et nuit pour la santé des Français. C’est moi qui suis allée le chercher pour en faire le directeur général de la Santé. Le poste le plus difficile de l’administration. Il a accepté, renonçant de ce fait à sa carrière hospitalière", estime-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com