Désenchantée par «Ghostland»

Libération.fr

Univers baroque, poupées flippantes, casting racoleur : le film de Pascal Laugier s’évertue à générer de l’épouvante mais laisse de marbre.

Est-elle là ? N’est-elle pas là ? Le brouhaha ne trompe pas et on entrevoit un peu de rousseur sur l’essaim des portables qui immortalisent la même apparition. Elle, c’est Mylène Farmer, célébrée comme une déesse vivante à l’avant-première du film Ghostland, lundi soir, au Grand Rex à Paris. On n’a pas de place, on n’entrera pas, on n’est pas la seule, personne n’entrera, il n’y a plus une place de libre, d’ailleurs on n’a même pas d’invitation, juste un nom de code, Alyssia, laquelle a disparu, le personnel de sécurité confie qu’il n’a «jamais vu ça», les billets pour la séance du film de Pascal Laugier ont tous été vendus en dix minutes. Une fois dans la salle, effectivement comble, nouvelle transe du public, pour les mêmes motifs que précédemment. C’est un peu vexant pour le réalisateur car la projection semble accessoire. Ce qui serait bien, c’est que Mylène chante, qu’elle dise des horreurs, qu’elle dévie de la trajectoire prévue. Notre voisine nous confie qu’elle est venue pour elle, pas pour le film. Elle reste cependant et à intervalles réguliers, on débriefe ensemble la trame narrative pendant la séance, de toute manière très sonore. C’est ce qui est éventuellement réussi dans Ghostland : l’incertitude. On ne sait pas si on est dans le futur, dans un flash-back, dans une fiction de la fiction, et si Mylène Farmer, qui joue la mère de deux filles, est maltraitante, aimante, ou abusée par l’une de ses filles. Sinon, il y a des poupées, un univers baroque, une vieille maison, un genre de Frankenstein qui, dès qu’il apparaît, donne des coups, et beaucoup de sang, avec deux gamines, donc, qui se font déchiqueter et subissent le pire des sévices. Est-ce que ça fait peur ? Non. Est-on horrifiée ? Oui. Le montage est trop haché pour laisser monter le suspense et les plans en contre-plongée ont pour effet de distancier le (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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