Désavoué après un édito : « Yann Lalande a été décapité symboliquement »

Par Nadjet Cherigui
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Vue aérienne de Saint-Denis.
Vue aérienne de Saint-Denis.

Éric Legros est fromager dans le centre-ville de Saint-Denis (93). Il est aussi un homme engagé, profondément attaché aux valeurs républicaines et à la liberté d'expression. Durant le procès des attentats de Paris, il a accroché dans son magasin des unes de Charlie Hebdo pour exprimer sa solidarité avec les victimes. Un geste courageux perçu par certains comme une provocation. Le commerçant a reçu des pressions et des menaces, mais n'a pas cédé. Dans ce contexte, la démission du rédacteur en chef du Journal de Saint-Denis, en raison de la censure et de l'impossibilité de traiter du sujet islamiste dans la ville, a fait vivement réagir ce fromager engagé. Éric Legros a pris la plume pour écrire une « lettre ouverte à son ancien journal » dont il ne partage plus les valeurs et qu'il ne lira plus. Rencontre.

Le Point : Fromager à Saint-Denis, vous avez vécu une mésaventure en affichant, par solidarité avec les victimes des attentats, des couvertures de Charlie Hebdo. À la suite à cette initiative, vous avez été menacé. Racontez-nous ce qui s'est passé.

Éric Legros : D'abord, je dois dire que j'ai eu beaucoup de messages d'encouragement de la part d'une partie de mes clients ou de passants devant la vitrine, acquiesçant avec le pouce ou en me disant bravo. Certains se sont exprimés par des « vous êtes courageux ! » Ou des « vous n'avez pas peur ? », « on est à Saint-Denis, tout de même ! ». Je répondais invariablement que, pour moi, c'est juste du journal et du [...] Lire la suite