Les députés LREM présentent leurs 30 propositions pour "l'après"

Gilles Le Gendre à l'Assemblée nationale le 28 avril 2020

Paris (AFP) - "Relocaliser en Europe les productions stratégiques", mieux "protéger" les jeunes ou les personnes âgées dépendantes ou "accélérer la transition écologique": les députés LREM ont dévoilé lundi leur contribution pour "l'après" coronavirus, après une consultation interne.

Ces 30 propositions seront partagées dans la semaine avec le chef de l'Etat et le président de l'Assemblée, a indiqué le chef de file du groupe LREM Gilles Le Gendre, afin de contribuer à la réflexion sur la suite du quinquennat.

Elles sont classées par ordre de priorité, après un vote interne de mardi à vendredi. En tête des suffrages, un appel à "relocaliser en Europe les productions stratégiques, notamment sanitaires et agricoles", après les polémiques sur la pénurie de masques pendant la crise.

Les "marcheurs" mettent l'accent sur la "souveraineté européenne" et demandent aussi de "renforcer la coopération européenne en matière de lutte contre la fraude fiscale" (proposition 4) ou de "soutenir la proposition de la Commission européenne d'émission d'un emprunt à long terme de 100 milliards d'euros financé par une taxe carbone aux frontières et une taxe GAFAM" (proposition 5).

Deuxième proposition la plus soutenue: "agir pour l'insertion professionnelle et l'emploi des jeunes".

Les députés majoritaires veulent notamment "simplifier" l'apprentissage; augmenter "la prime à l'embauche d'apprentis"; "étendre le dispositif d'emplois francs" ou "créer un dispositif d'aide à la mobilité pour les jeunes demandeurs d'emploi".

Les "marcheurs" évoquent aussi leur soutien à "la création d'un revenu universel d'activité (RUA), étendu aux 18-25 ans", mais sans en faire une de leurs 30 propositions concrètes.

Troisième mesure, la "revalorisation des métiers du grand âge par l'ouverture de postes", et une "revalorisation des salaires". Les députés poussent pour la "réforme de la dépendance", en facilitant aussi la "mise en place de l'hospitalisation à domicile" (proposition 6).

Ils insistent sur la place centrale des "territoires" pour "l'après" et plaident pour "l'accélération de la transition écologique".

La première proposition écologique n'arrive toutefois qu'en neuvième position en soutenant "une politique ambitieuse de rénovation" énergétique des logements, un "sujet majeur", selon la "marcheuse" Bénédicte Peyrol, qui a coordonné les travaux.

"On ne peut pas regarder uniquement en fonction de la hiérarchie des votes" et c'est sur "ce créneau" de l'écologie, que "l'accélération et la transformation du groupe sont le plus manifeste", assure Gilles Le Gendre, au lendemain des conclusions de la convention citoyenne sur le climat.

Ces 30 propositions, "ce sont des grands principes, ça manque de concret", déplore un marcheur. "C'est un peu un passage obligé. Je n'y vois pas matière à bouleverser les foules", ajoute un autre.

Dans le même temps, 265 parlementaires de la majorité ont co-signé une tribune dans Le Monde, lancée par l'eurodéputé LREM Pascal Canfin et le député Jean-Charles Colas-Roy, pour "aller plus loin et encore plus vite afin d'agir face à l'urgence écologique".

Les députés du groupe Agir ensemble ont présenté de leur côté dix mesures "extrêmement concrètes" pour "rebâtir un nouveau projet de société", leur président Olivier Becht vantant lors d'un point presse un projet "disruptif".

Le nouveau groupe suggère notamment de lancer un "New Deal vert" pour transformer l'appareil productif, ou la mise en place d'un "bonus-malus environnemental et social" aux frontière de l'Europe.

Il propose aussi la mise en place d'un "CDI universel" portable d'une entreprise à l'autre, d'un "socle citoyen" de revenu, ou encore une "garantie service public de proximité".