Des députés européens pas tous prêts à «protéger notre mode de vie européen»

À Strasbourg, où le Parlement européen est en session depuis hier soir, la polémique se poursuit sur la nouvelle Commission européenne intitulée « Protéger notre mode de vie européen », chargée des questions d’immigration. Hier, lundi 16 septembre, dans une tribune publiée dans différents journaux européens, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a enfoncé le clou : il s’agit de protéger l’Etat de droit, la démocratie, la liberté, c'est-à-dire les valeurs fondamentales de l’Union européenne. Mais les conservateurs sont bien seuls à défendre l’intitulé.

De notre envoyée spéciale à Strasbourg,  Juliette Gheerbrant

Ursula von der Leyen, qui a publié lundi 16 septembre une tribune dans plusieurs journaux européens, peut compter sur le soutien total des conservateurs français.

Arnaud Danjean, député Les Républicains, estime que l'Europe doit être fière de ce qu’elle est. « À l’heure où s’affirment d’autres continents dans le monde et qu’ils le font de façon totalement décomplexée, je ne vois pas pourquoi l'Europe devrait en permanence se retrancher derrière une tiédeur ou une fadeur pour affirmer ce qu’elle est », juge-t-il.

La défense des fondamentaux de la démocratie européenne fait l’unanimité parmi les grands groupes politiques. « Oui, moi je suis d’accord, il y a des valeurs européennes communes et pour le coup quand on parle de valeurs ça veut dire quelque chose. Il reste une espèce d’interrogation autour de ce que veut dire mode de vie et je pense qu’il ne faut pas se réduire à une polémique inutile et changer le titre de cet intitulé s’il faut le changer », nous dit Stéphane Séjourné, député du groupe centriste Renew. Changer le nom, mais pas le fond. Il n’y a pas de problèmes sur la mission, les objectifs, ni les moyens, ajoute ce député.

Inacceptable pour les socialistes

À l’opposé, pour Raphaël Glucksmann, député du groupe socialiste, que l’on parle de valeurs ou de mode de vie il y a un problème sérieux : « Quand on met la question des migrants sous l’égide de ce 'mode de vie européen', c’est qu’on sous-entend que les migrants sont la menace qui pèse sur notre mode de vie et donc ça reste inacceptable. »

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La polémique n’est pas finie, d’autant que d’autres nominations font débat. Parmi elles, celle d’un proche de Viktor Orban. « Si on veut défendre le mode de vie européen on ne nomme pas commissaire, le ministre de la Justice de M. Orban, qui a systématiquement attaqué les libertés publiques et la Constitution hongroise », poursuit Raphaël Glucksmann.

Le Parlement n’a pas de pouvoir sur ces nominations, mais il peut opposer un veto à l’investiture de la Commission.