Des députées LFI assument "tâtonner" sur la gestion des violences sexistes ou sexuelles

Les députées LFI Clémentine Autain et Danièle Obono, ici à l'Assemblée nationale en août 2017. - Jacques Demarthon-AFP
Les députées LFI Clémentine Autain et Danièle Obono, ici à l'Assemblée nationale en août 2017. - Jacques Demarthon-AFP

Des députées LFI se sont défendues mardi devant la presse d'avoir "tergiversé" sur la mise en retrait de leur collègue Adrien Quatennens en raison de violences conjugales, tout en admettant "tâtonner" encore face à la gestion des cas de violences sexistes au sein du mouvement.

"Personne n'a tergiversé pour dire qu'Adrien Quatennens devait être mis en retrait", a assuré la députée LFI Clémentine Autain.

Elle était interrogée sur le fait que Jean-Luc Mélenchon avait réitéré sa "confiance" au jeune député dimanche, suscitant des critiques en interne.

Des mécanismes encore imparfaits

Pour gérer les cas de violences sexistes, "nous essayons de mettre des mécanismes en place, ça n'est pas parfait", a admis la députée, lors de la conférence de presse de rentrée de son groupe politique à l'Assemblée, estimant nécessaire "de travailler plus avant ces questions-là et peut-être de manière transpartisane".

Clémentine Autain a toutefois estimé qu'il fallait reconnaître la "complexité" de telles situations, nécessitant de respecter la présomption d'innocence des mis en cause, de prendre en compte la difficulté sur le plan humain de traiter le cas de "camarades" ou encore le respect des victimes.

Elle a aussi souligné les limites de "la transparence totale", en référence aux déclarations la veille de la députée écologiste Sandrine Rousseau, disant avoir reçu une femme accusant le secrétaire national d'EELV Julien Bayou de "comportements de nature à briser la santé morale des femmes".

"Quand j'entends Sandrine Rousseau hier (dire) par exemple que l'ex-compagne de Julien Bayou qu'elle a reçue elle-même (...) a fait une tentative de suicide, je ne sais pas si cette femme a envie que toute la France sache qu'elle a fait une tentative de suicide", a-t-elle dit.

Une formation obligatoire pour les députés

"Oui, nous assumons que nous tâtonnons, que c'est une question difficile", a déclaré de son côté la députée LFI Danièle Obono, également interrogée sur la gestion par son mouvement des cas de violences sexistes ou sexuelles. "Nous assumons d'avoir des défaillances, de ne pas avoir un protocole parfait".

Danièle Obono a souligné que les députés LFI allaient assister à une formation "obligatoire" sur les violences sexistes et sexuelles lors de leurs journées parlementaires programmées jeudi et vendredi pour préparer la rentrée parlementaire.

Figure de la jeune garde de La France insoumise (LFI), le député Adrien Quatennens, sous le coup d'une enquête après une main courante déposée pour violences conjugales, a annoncé dimanche qu'il se mettait "en retrait de sa fonction de coordinateur" du mouvement, reconnaissant des violences envers son épouse.

Article original publié sur BFMTV.com